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Deux ans de guerre génocidaire pour l’expansion d’Israël

Deux ans de guerre déjà depuis que Netanyahou, saisissant le prétexte que lui amenait sur un plateau le raid perpétré le 7 octobre 2023 par le Hamas, a lancé son offensive sur Gaza. Plus de 65 000 morts, près de 200 000 blessés, 90 % des habitations détruites, les bulldozers venant achever le travail des bombes, une population gazaouie affamée, poussée d’un bout à l’autre de la bande en fonction des opérations militaires. Deux ans d’une guerre qui se prolonge aussi en Cisjordanie par l’accélération des implantations de nouvelles colonies avec l’appui de l’armée pour chasser les Palestiniens de chez eux.

C’est le projet de réaliser le grand Israël de la mer au Jourdain, déjà approuvé par Trump en 2017 lors de sa première présidence en même temps qu’il approuvait la transformation de Jérusalem (ville en partie palestinienne) en capitale d’Israël, que Netanyahou poursuit par cette guerre et ses prolongements au Liban et en Syrie.

Dès le début Netanyahou a bénéficié de l’appui des gouvernants de toutes les grandes puissances, et à Paris d’une manifestation de soutien rassemblant presque tout le monde politique, de députés du RN aux responsables du Parti socialiste en passant par Nicolas Sarkozy. Et qui, en Palestine, pourrait faire confiance aux soi-disant ouvertures du plan actuel de Trump et Netanyahou, s’il se souvient des premières trêves de la fin novembre 2023 destinées à obtenir une libération des otages et rompues dès le 1er décembre, puis celles de janvier 2025, rompues le mois suivant.

À peine quelques gouvernants occidentaux commençaient à exprimer des réticences à l’escalade menée par Israël, non à cause du sort des Palestiniens, mais par crainte de voir une expulsion des habitants de Gaza vers l’Égypte déstabiliser le régime du maréchal Sissi, qu’Israël était à nouveau acclamé par tous, Macron en tête, en lançant en octobre 2024 son offensive au Liban. Tous de se réjouir de cette invasion qui a fait des milliers de morts, des centaines de milliers de déplacés, mais permis la mise en place au Liban d’un gouvernement, fidèle allié et susceptible de reprendre en main ce pays où la crise sociale avait provoqué la grande vague de manifestations et grèves de 2019-2021. Applaudissements encore lors des bombardements israéliens sur l’Iran, en juin dernier, que les bombardiers américains sont allés compléter en ciblant les infrastructures de l’industrie nucléaire du pays.

Car derrière la guerre d’expansion que mène Israël pour ses propres intérêts, il y a pour les grandes puissances avant tout l’ordre contre les peuples de la région, l’ordre pour le pétrole. Avec ce jeu d’équilibre entre les frasques guerrières de leur principal gendarme qu’est cet État d’Israël, et les dictatures des pays arabes voisins dont ils ont tout autant besoin et qu’il faut éviter de déstabiliser.

D’où ces deux ans aussi de tractations diplomatiques, d’où ce récent geste de Macron à la tribune de l’ONU, et peut-être aussi les craintes des États-Unis eux-mêmes que l’expulsion totale des Palestiniens de Gaza ou d’une partie de ceux de Cisjordanie, vers l’Égypte ou la Jordanie ne déstabilise les dictatures en place dans ces deux pays. Là est leur seul souci.

Olivier Belin

 

 


 

 

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