La gauche n’en finit plus de consommer son divorce : La France insoumise (LFI) avait utilisé son poids électoral et dans l’opinion pour, à deux reprises, faire renaître de ses cendres l’union de la gauche, avec la Nupes, puis le Nouveau Front populaire. Elle a ainsi contribué à remettre en selle un Parti socialiste (PS)… qui désormais la voue aux gémonies.
À Toulouse, alors que la somme des scores au premier tour de LFI et du PS dépassait 52 %, la liste fusionnée LFI et PS de second tour a plafonné à 46 %, contre 54 % à Moudenc, le maire de droite sortant. Il ne fallait pas s’allier avec LFI, proclament les caciques du PS ! Les résultats montrent certes une petite baisse en voix de la liste fusionnée (– 3 594 voix), mais surtout une progression de la participation qui passe de 56,4 % à 62,5 % (+ 17 022 suffrages exprimés) : la perspective d’un maire Insoumis a peut-être effrayé quelques électeurs PS, mais a surtout mobilisé l’électorat réac qui s’était abstenu au premier tour.
Quant aux résultats de Lyon, par exemple, où la liste fusionnée du maire sortant avec LFI a déjoué les pronostics favorables au candidat de la droite, Aulas, ils pourraient être interprétés en sens inverse de ceux de Toulouse.
Mais qui peut croire à la bonne foi des dirigeants du PS, d’autant qu’ils ont largement contribué à la campagne de calomnies contre LFI qui a forcément eu des effets au second tour ? De part et d’autre, ce sont des calculs et ambitions politiques pour la Présidentielle de 2027 : Mélenchon n’a aucune chance d’accéder au second tour en 2027, encore moins de l’emporter si, par miracle, il se qualifiait : il faut donc que le candidat qui sera opposé au RN réunisse les voix de la gauche, du centre et d’une partie de la droite. Pas Mélenchon, donc, mais… ils sont nombreux à se pousser du col, à commencer par l’inénarrable François Hollande qui n’a pas pris la mesure de la détestation populaire qu’il concentre, sans doute au coude à coude avec celle pour Macron…
Les dirigeants de LFI tournent tout de même leurs regards vers le PS, girouette qui tourne aujourd’hui au gré des vents dominants du « centre » et des macronistes, qui lorgnent eux-mêmes vers une droite liée à l’extrême droite… Il serait grand temps que les luttes des travailleurs remettent la situation des classes populaires au centre du débat !
Jean-Jacques Franquier