Nos vies valent plus que leurs profits

Échos de la mobilisation des agriculteurs en Ariège — Interview d’un salarié agricole

Peux-tu raconter comment s’est passé le barrage où tu étais présent ?

Suite à l’abattage de 25 bovins à Buzan en Ariège, un barrage filtrant organisé à l’initiative d’agriculteurs d’Ariège s’est transformé en barrage bloquant les CRS et les vétérinaires abatteurs militaires. Cinquante manifestants, des agriculteurs mais aussi des soutiens extérieurs et des élus, des habitants aussi, ont bloqués 150 CRS et gendarmes pendant deux heures et demie. Le préfet est venu dialoguer et on l’a bloqué aussi pendant une heure.

On a obtenu deux choses : la levée des plaintes du préfet suite aux dégradations de la veille sur la sous-préfecture de Saint-Girons et du centre des impôts (environ 1000 tonnes de détritus déversés). Le préfet s’était engagé à porter les revendications à la ministre, à savoir ne plus abattre les troupeaux vaccinés, et, en cas de test positif après le vaccin, de retester plusieurs jours après pour savoir si cela était lié au vaccin ou pas avant de statuer sur un abattage. La ministre a refusé ces revendications.

Par rapport à la dermatose nodulaire contagieuse, quelles seraient les solutions envisageables et quelles revendications peut-on porter ?

Par rapport à l’abattage, l’État ne paye pas toutes les indemnisations qui devraient normalement être versées en compensation des pertes : du coup, ces abattages généralisés coulent vraiment les exploitations concernées. En Ariège, il y a eu 345 bêtes abattues depuis décembre, et peut-être 300 à Saverdun bientôt. Pour les exploitations concernées, c’est tout le travail de plusieurs années qui est effacé d’un coup. Ce qu’il faudrait, au lieu d’abattre systématiquement, c’est utiliser le traitement antiviral qui existe, vacciner le cheptel et laisser le cheptel s’immuniser sans abattre tout le troupeau.