Nos vies valent plus que leurs profits

États-Unis : Meta et Google en procès pour avoir « fabriqué l’addiction »

Le procès de Meta et Google s’est ouvert devant un tribunal civil de Los Angeles (Californie) à l’initiative d’une plaignante, qui leur a reproché d’avoir « fabriqué l’addiction dans des cerveaux d’enfants », devenus accros à leurs plateformes. Le mécanisme observé sur Instagram (Meta) et YouTube (Google) ne s’est pas produit « par accident mais à dessein », a martelé son avocat Mark Lanier dans son propos introductif, « parce que l’addiction est rentable ». Plusieurs documents internes de Google et de Meta avaient été présentés lors de la première audience, l’un d’entre eux mentionnant comme objectif affiché « l’addiction des internautes ». C’est une version moderne de ce qu’affirmait en 2004 Patrick Le Lay, alors PDG du groupe TF1, qui se vantait de vendre aux annonceurs « le temps de cerveau humain disponible ». Une politique que les géants du net appliquent aussi aux enfants et adolescents avec parfois des conséquences dramatiques. À noter que dans l’État américain du Nouveau-Mexique, un procès distinct accusant Meta de privilégier le profit à la protection des mineurs contre les prédateurs sexuels doit également débuter cette semaine et qu’un autre est en cours d’instruction devant une juge fédérale d’Oakland, près de San Francisco.