Nos vies valent plus que leurs profits

États-Unis : porter atteinte à l’un ou l’une d’entre nous, c’est nous attaquer toutes et tous !

Éditorial de nos camarades de Speak Out Now, 17 mars 2025

Depuis que Trump est revenu au pouvoir, lui, son cabinet de milliardaires et Elon Musk ont créé un écrasant sentiment de chaos. Chaque jour ses nouvelles annonce d’attaques contre un nouveau groupe de personnes ou une nouvelle agence gouvernementale s’abattent sur nous comme les vagues d’une inexorable tempête. L’atmosphère se remplit de peur, de colère, parfois d’un mélange des deux.

Des attaques contre les travailleurs et leurs conditions d’existence

Ils ont commencé par s’attaquer aux couches les plus vulnérables de la population. Ils ont ciblé les immigrés sans papiers et ont semé la peur par des rafles massives. Des personnes qui essayaient simplement de vivre et de survivre, parfois des familles entières, ont été arrêtées et expulsées, sans discernement.

Il y a ensuite eu la révocation de droits et la suppression de l’accès aux soins de santé pour les personnes transgenres. Les plus jeunes ont été particulièrement ciblées, en leur interdisant de pratiquer le sport sur leurs lieux d’étude. C’est non seulement une atteinte à leurs libertés fondamentales, mais aussi une tactique d’intimidation à l’encontre de toutes celles et ceux qui ne rentrent pas dans le cadre étriqué de leur conception de ce qu’est être « normal ».

Ils se sont ensuite attaqués à tous les travailleurs fédéraux, dont beaucoup sont chargés de faire fonctionner des services et des programmes essentiels. Ils ont accusé ces travailleurs d’être inefficaces et les ont incités à démissionner, à travailler ailleurs ou à se faire licencier. Plus de 200 000 travailleurs fédéraux ont été licenciés et autant ont démissionné ou pris leur retraite.

Ils ont également coupé dans de nombreuses subventions fédérales, en ciblant des pans entiers de la recherche scientifique et médicale. Désormais, sous le règne de Trump et Musk, mener des études scientifiques susceptibles d’améliorer la santé et la qualité vie de millions de personnes n’est plus acceptable. Ils se sont aussi attaqués à l’enseignement et à la formation, en licenciant 1 300 employés du ministère de l’Éducation, avec comme objectif de supprimer le ministère purement et simplement.

Réprimer les contestataires

Les attaques ont aussi pris une forme directement répressive contre toutes celles et ceux, en particulier au sein de la jeunesse, qui expriment leurs inquiétudes face à la violence et à l’oppression auxquelles nous sommes confrontés. Mahmoud Khalil, étudiant à l’université de Columbia, qui s’opposait activement à la guerre génocidaire contre le peuple palestinien, a été arrêté sans aucune charge criminelle. Il est menacé d’expulsion, bien qu’il soit résident permanent (détenteur d’une carte verte). L’administration Trump veut faire un exemple : voilà ce qui attend celles et ceux qui s’expriment.

L’université de Columbia applique désormais les demandes formulées par l’administration Trump. Ils ont exclu et suspendu certains étudiants, révoqué les diplômes d’autres. Ils ont laissé l’ICE (Immigration and Customs Enforcement – les forces de police chargées du contrôle des frontières et des expulsions d’étrangers) faire des descentes dans des chambres d’étudiants dans les résidences universitaires. Les institutions qui prétendent défendre le progrès et la connaissance se retournent contre leurs propres communautés, au nom du maintien de leur financement. Soixante autres universités font également l’objet d’une enquête.

Il s’agit d’attaques contre nos libertés les plus fondamentales : la liberté d’expression, de réunion et même de pensée ! Aujourd’hui, ces attaques se concentrent sur des petits groupes de personnes ou d’institutions. Mais elles nous concernent tous ! Ils profitent de nos divisions. En créant ces précédents, ils se donnent la possibilité de criminaliser tous ceux qu’ils considèrent comme une menace.

Ne nous laissons pas diviser !

Le cabinet de milliardaires de Trump montre clairement qui mène ces attaques et quelle classe ils servent. Ils ont besoin de créer des divisions et d’instiller la peur afin de contrôler la majorité d’entre nous. Ils nous considèrent comme des proies, en rognant sur nos droits. Ils jouent sur la peur, dans l’espoir de nous rendre trop effrayés et trop divisés pour riposter.

Ces attaques ne sont pas isolées les unes des autres ! Elles ne visent pas seulement des groupes de personnes marginalisées. Nous ne sommes en sécurité que dans la mesure où les plus vulnérables le sont. Ce qui signifie que nous sommes tous vulnérables. Nous avons le devoir de nous protéger les uns les autres. Et n’avons pas d’autre choix si nous voulons construire une société dans laquelle il vaut la peine de vivre.

Nos vies sont liées, même lorsque nous ne nous voyons ou nous ne nous connaissons pas : collectivement, nous sommes celles et ceux qui font véritablement tourner la société. Non seulement ici aux États-Unis, mais dans le monde entier.

Une fois que nous aurons compris que nos défis et nos préoccupations ne sont pas des problèmes isolés, nous pourrons unifier nos luttes et notre réponse contre cette classe de milliardaires. Nous pouvons être touchés de différentes manières, mais ceux qui dirigent les attaques sont les mêmes. Nous devons nous défendre contre les milliardaires qui nous exploitent et se débarrassent de nous pour leurs profits.

Lorsque quelqu’un nous blesse, nous devons désarmer notre agresseur et l’empêcher de blesser quelqu’un d’autre ! Nous ne pouvons le faire qu’ensemble. Certains ont déjà commencé.

Howard Zinn, activiste et historien de la classe ouvrière, a écrit :

LES GENS ONT L’ESPRIT PRATIQUE
Ils veulent le changement mais se sentent impuissants, seuls, ne veulent pas être le brin d’herbe qui dépasse les autres et qui est fauché.
Ils attendent un signe de quelqu’un d’autre qui fera le premier pas, ou le second.
Et à certains moments de l’histoire, certaines personnes intrépides prennent le risque : si elles font le premier pas, d’autres suivront assez rapidement pour les empêcher d’être fauchées.
Et si nous comprenons cela, nous pourrions être de ceux qui font le premier pas…