Nos vies valent plus que leurs profits

Fin du traité New Start — À bas le militarisme des puissances impérialistes !

Le 5 février dernier expirait le traité New Start signé en 2010 entre les États-Unis et la Russie. Le traité portait sur la limitation des armes nucléaires stratégiques de longue portée, mais ne concernait pas les armes nucléaires dites « tactiques », c’est-à-dire de courte portée – et les deux pays en ont beaucoup !

Ce traité, après d’autres signés entre les États-Unis et l’URSS, avait malgré tout permis une baisse significative du nombre d’armes nucléaires, passées « de 60 000 au pic de la guerre froide à 12 000 aujourd’hui », selon Héloïse Fayet, une spécialiste. Le traité se caractérisait aussi par des procédures de vérification mutuelles… en panne depuis la pandémie de Covid-19 et, surtout, l’éclatement de la guerre en Ukraine.

De toute façon, depuis 2010, la montée en puissance de l’armement de la Chine – à la seconde place en termes de budget militaire, assez loin derrière les États-Unis – avait considérablement modifié la donne. Et la politique agressive de Poutine a eu pour pendant celle de Biden, largement amplifiée par celle de Trump.

Pour les dirigeants des grandes puissances, même si on est encore loin des niveaux atteints pendant la guerre froide, l’heure est à l’armement. Pas seulement pour montrer ses muscles, pas seulement pour soutenir les entreprises d’armement, grandes bénéficiaires de la militarisation actuelle, mais… parce qu’ils veulent être prêts à s’en servir !

Il ne s’agit pas (seulement) de la folie destructrice des Poutine, Trump, Xi Jinping, Mertz et autres Macron. La concurrence impérialiste est intrinsèquement agressive : la nécessité, pour rester dans la course, de toujours élargir le champ des investissements est source de conflits – matières premières, débouchés, tout est l’occasion de guerres commerciales. Des conflits « économiques » qui risquent toujours de se terminer sur des champs de bataille véritables.

C’est à cela que se préparent les puissances impérialistes. Au cas où ne resterait plus que la guerre comme option pour rebattre les cartes du partage du monde. Et chacune veut pouvoir le faire sans contrôle.

L’heure n’est donc plus au désarmement mais, bien au contraire, au militarisme et à l’explosion des budgets militaires.

Plus que jamais, il s’agit pour les révolutionnaires de dénoncer cette course aux armements qui, déjà, se traduit par une guerre sociale menée contre les classes populaires et fait courir un risque mortel à toute l’humanité.

Jean-Jacques Franquier