Nos vies valent plus que leurs profits

Froid ou pas, les jeunes mineurs étrangers toujours en lutte

Samedi 3 janvier, par zéro degré, le Collectif des mineurs isolés en lutte a organisé un rassemblement devant l’hôtel de ville de Paris pour dénoncer la mairie, la préfecture et l’État.

Ces institutions leur font la guerre : depuis deux ans, les mineurs non accompagnés sont laissés à la rue ! Alors, ils se sont organisés en collectif, aidés par des associations et des syndicats, tout d’abord autour du parc de Belleville, puis ils ont occupé la Maison des métallos et la Gaîté-Lyrique, entre autres, pour se faire entendre. Ils organisent régulièrement des manifestations les samedis en direction de l’hôtel de ville. Ils n’ont de cesse de se battre et de réclamer la protection pourtant promise par la loi française à tout mineur : le droit au logement, à l’éducation et la santé.

Ils en sont empêchés par les contrôles incessants des forces de police, l’absence de prise en charge de leurs moyens de transport pour se rendre sur leurs lieux d’études. Et la menace de l’obligation de quitter le territoire français (OQTF), véritable condamnation menant à l’enfermement et à l’expulsion. Dernièrement, l’un d’eux est mort en tentant de rejoindre le Royaume-Uni après avoir reçu une OQTF. L’annonce du plan grand froid n’a rien changé, alors ils ont relancé leur mobilisation pour crier leur détermination, et pointer la honte sur les pouvoirs en place. La France a les moyens et ne respecte pas les droits humains élémentaires des plus démunis.La température est quasi insoutenable ces jours-ci, la neige tombe et ils sont toujours plusieurs centaines sous de simples tentes, sans moyens pour se laver, sans accès à de simples consultations médicales. Le gouvernement s’apprêtant à remettre à la rue les hébergés dès la fin du plan grand froid, le collectif appelle de nouveau à manifester mercredi 7 janvier devant la préfecture de Paris (métro Balard). Qu’attendent les politiques qui n’offrent aucune solution, qui n’appliquent pas la loi de réquisition des logements vides ? Un nouveau mort dans la rue ?

Ils sont bourgeois, ils sont racistes et les militants qui se battent pour leurs droits ont appris qu’il n’y a rien à en attendre. Mais les jeunes s’organisent et mènent les actions collectives, font en sorte d’être plus nombreux. Ils y sont déterminés, et c’est aux travailleurs et aux travailleuses, quelle que soit leur nationalité, d’arracher à leurs côtés des logements pour tous !

6 janvier 2026. Correspondant