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Gare de Strasbourg : un licenciement qui pue le racisme

À la gare de Strasbourg, une cheminote est aujourd’hui menacée de licenciement après avoir subi une succession de sanctions disciplinaires. Sa seule et unique faute est de porter un couvre-chef, que la direction assimile à un signe religieux. Pourtant, elle exerce à l’Agence Groupe, un service sans aucun contact avec le public, où aucune contrainte vestimentaire particulière n’existe. Ce que la direction lui reproche n’est donc pas la qualité de son travail, mais ce qu’elle est, ou ce qu’elle est supposée être, à ses yeux.

Une politique du patronat

S’attaquer à des cheminots en raison de leur origine ou de leur religion, réelle ou supposée, n’est pas une nouveauté. La discrimination massive des cheminots d’origine marocaine (les « chibanis ») a duré pendant des décennies.

De plus, les chasses aux sorcières menées au nom de la neutralité ou de la laïcité se multiplient dans de nombreuses entreprises, comme à Paris à l’hôpital public ou à la RATP.

Dans le cas de la gare de Strasbourg, le racisme se combine à la volonté de restructurer le service en éjectant un maximum de cheminots.

Solidaires contre l’arbitraire

Le jour du conseil de discipline, une centaine de collègues, rejoints par des travailleuses de l’AP-HP, se sont rassemblés à Saint-Denis pour soutenir notre collègue. Le 20 janvier, plusieurs cheminots de l’Agence Groupe de Strasbourg s’étaient déjà mis en grève lors de son dernier entretien disciplinaire. Ces mobilisations doivent se poursuivre : face aux campagnes racistes qui visent à nous diviser, la réponse collective reste la seule qui vaille.

Correspondant