Nos vies valent plus que leurs profits

Gen Z : un souffle révolutionnaire en suspens

Au cours des dix-huit derniers mois, de profondes révoltes sociales et politiques, déclenchées et portées par la jeunesse, ont touché de nombreux pays : Serbie, Bangladesh, Népal, Kenya, Indonésie, Pérou, Tanzanie, Madagascar, Maroc… Ces mouvements de masse, qui ont fait face à une répression extrêmement violente, ont soulevé l’enthousiasme de toutes celles et ceux qui n’en peuvent plus de ce système qui compte de plus en plus de milliardaires, mais condamne à la pauvreté la grande majorité.

Au-delà de certaines spécificités locales, tous ces mouvements ont révélé une même révolte profonde dans la jeunesse, qu’elle soit étudiante, privée d’un avenir à la hauteur de ses espérances, ou ouvrière, frappée par la dégradation brutale de ses conditions d’existence. Une révolte qui s’est tournée en premier lieu contre les dirigeants au pouvoir, dont la brutalité n’a d’égale que la servilité à l’égard des intérêts des multinationales et des bourgeoisies impérialistes. Les dictateurs en place n’ont eu parfois que quelques heures pour fuir leur palais, quand d’autres ont été exfiltrés grâce à l’intervention de la puissance impérialiste tutélaire dans l’optique que « tout change pour que rien ne change ». Ces révoltes se sont encouragées les unes les autres, avec la conscience d’entretenir un lien entre elles, notamment à travers l’utilisation de symboles communs, spécifiques à la « génération Z ».

Cette capacité, pour une génération qui ne voit pas d’avenir dans cette société, à sauter à la gorge de l’ordre capitaliste, à s’affronter courageusement aux États qui le servent et à tenter de transformer le monde qui l’entoure, rappelle les soulèvements et les révolutions dans le monde arabe au début de la décennie 2010. Moins que jamais la révolution n’est une notion abstraite, qui appartiendrait à un passé révolu. Mais comme il y a quinze ans, le chemin qui mène de la révolte à la révolution est semé d’embûches, d’autant plus lorsqu’il n’existe aucune organisation communiste révolutionnaire implantée. Une organisation non seulement capable d’affirmer qu’aucune force bourgeoise autochtone ne pourra représenter une alternative à la gabegie engendrée par le pillage et l’économie impérialistes, mais capable aussi de proposer une stratégie révolutionnaire à la hauteur des enjeux : en finir avec la propriété capitaliste.

Pour rappeler notre solidarité internationaliste avec ces révoltes de la jeunesse, qui sont des encouragements et des leçons essentielles pour notre classe partout dans le monde, voilà un point d’étape à travers les exemples du Népal, de Madagascar, du Maroc et du Pérou. Avec évidemment le souci de nos propres responsabilités : nouer des liens politiques internationalistes et œuvrer au regroupement des forces révolutionnaires au niveau international.

Marie Darouen

 

 

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