Nos vies valent plus que leurs profits

Grève à Biocoop Les Fêtes : une victoire des salariés

Les 16 salariés de Biocoop Les Fêtes (proche de la place des Fêtes dans le 19e arrondissement de Paris), étaient en grève depuis le 3 janvier 2026. Une première pour beaucoup d’entre elles et eux, salariés de longue date ou étudiants salariés. Une sacrée équipe qui a tenu tête pendant plus de trois semaines, pour arracher un protocole de fin de conflit mercredi 28 janvier, à leur avantage.

Occupation du magasin, piquets quotidiens, actions et affiches ont valu aux grévistes un beau soutien du quartier, entre autres un coup de main financier pour la caisse de grève. Nous-mêmes avons aidé de notre mieux, et une délégation des grévistes est venue expliquer les raisons de sa grève à notre réunion publique du 22 janvier, dans le cadre de notre campagne municipale à Paris. Intéressant !

Conditions de travail pas bio du tout !

Ils étaient en grève contre une patronne harceleuse, championne de la surveillance caméra, du flicage des discussions entre collègues, d’où l’exigence qu’elle disparaisse de la circulation ! Autre gros souci : les salaires. Les grévistes ont obtenu qu’il y ait une direction intermédiaire entre la patronne et les salariés (l’embauche d’un directeur extérieur) et 4,5 % d’augmentation pour tous et toutes, soit au minimum 100 euros brut mensuels.

Derrière l’affichage écolo, la rapacité patronale

Capitalisme éthique ? À d’autres ! Biocoop est un système fort aujourd’hui de plus de 750 magasins, une société anonyme coopérative qui est une association de patrons, sur les affaires desquels la « marque » Biocoop prend systématiquement des parts (de 10 % à 15 %). La société prête l’argent pour l’ouverture de nouveaux magasins, fixe les normes de la marque et prend une rente. D’un autre côté, les patrons de magasin doivent acheter des parts sociales de la société Biocoop. Ce mastodonte du secteur de la distribution paie ses salariés tout juste au-dessus du Smic. Durant la grève, le siège de Biocoop a épaulé la patronne du magasin en envoyant ses RH pour négocier, en appelant des salariés du siège pour faire les « jaunes » et remplacer les grévistes, et ouvrir certains jours. Biocoop a même obtenu la présence d’un huissier et des venues régulières de la police ! Elle protège qui, la police ?

Mais la grève, les soutiens syndicaux et la solidarité du quartier ont renvoyé tout ce monde-là à la niche !

Benjamin Guignard