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Grève au fret à Sotteville-lès-Rouen : un remède contre la dé-prime !

À la gare de Sotteville-lès-Rouen (76), un des cheminots qui ne peut plus assurer son poste à la conduite suite à un souci de santé assure désormais des missions de rapatriement de collègues qui reviennent de leur service. Alors qu’il fait économiser des milliers d’euros de taxi à l’année à la compagnie Hexafret qui exploite le réseau, il voit son salaire baissé de 300 euros suite à la perte d’une prime de réserve. Mais pour ses collègues, pas question de laisser le moindre d’entre eux subir ces mesquines attaques du patron. La solidarité s’est organisée. D’abord par une pétition pour informer les collègues de la situation de l’agent « dé-primé », et qui a été immédiatement signée par l’ensemble du dépôt. Puis mercredi 8 avril, par la grève !

Dès 10 heures, une grande partie des collègues se sont retrouvés devant le dépôt. Les quelques-uns qui n’avaient pas prévu de se mettre en grève, entrainés par le nombre, ont rejoint le piquet. Ça a été l’occasion de discuter de l’organisation de la grève. Comment rendre maximale la pression sur la direction ? Quand reconduire la grève : dès le lendemain ou fallait-il privilégier les jours où la production est la plus forte pour faire mal au portefeuille ? Pour l’instant c’est cette deuxième option qui l’emporte, dans le but de désorganiser au maximum la direction et aussi de l’empêcher de débaucher des agents d’autres dépôts pour remplacer les grévistes. En tout cas, tant que la direction ne cède pas, pas question de faiblir, l’ensemble du dépôt vote pour remettre ça tant qu’il faut. La grève est reconduite pour dans quelques jours. Durant la journée, des cheminots d’autres services passant par le dépôt sont venus sympathiser et ont exprimé leur approbation des raisons de la grève.

De quoi se rendre compte que partout les problèmes sont les mêmes et qu’il va donc falloir mener le combat de la même manière !

Correspondant