Nos vies valent plus que leurs profits

Grève des médecins libéraux : dans le système capitaliste, il y a toujours plus gros que soi !

Le 5 janvier a débuté une grève de dix jours des médecins libéraux, qui concerne la médecine de ville et le secteur hospitalier privé.

Ce mouvement s’oppose notamment à une attaque brutale de l’État prévue dans le budget 2026 de la Sécurité sociale : un contrôle accru des arrêts maladie basé sur des quotas et la menace de pénalités financières en cas de dépassement. En plus d’être une attaque envers les médecins, c’est une attaque directe envers les travailleurs. S’il y a hausse du nombre d’arrêts maladie, c’est dû à la hausse des charges et cadences de travail, aux bas salaires, aux départs en retraite de plus en plus tardifs, etc.

Le mouvement des médecins libéraux présente de nombreuses limites de par son caractère corporatiste. Les syndicats libéraux défendent corps et âme les dépassements d’honoraires ou le secteur 3, non conventionné, aux tarifs libres et non remboursés, arguant que l’inflation impacte également les médecins. Argument difficile à entendre quand un médecin libéral gagne en moyenne de 6 000 à 7 000 euros par mois pour les généralistes, davantage pour les spécialistes, pour un nombre d’heures de travail, certes, très conséquent, mais fruit du modèle défendu par ces mêmes syndicats.

Il reste que la dégradation du système de santé affecte aussi la médecine de ville. Les médecins libéraux pourraient aussi se poser la question de tendre la main vers les médecins hospitaliers du secteur public.

Le système de santé est soumis aux restrictions des budgets sociaux en même temps qu’aux profits des grands trusts pharmaceutiques et les médecins libéraux découvrent qu’ils sont, eux aussi, soumis à ces impératifs. Il leur reste à découvrir qu’il serait temps que la médecine soit considérée dans son ensemble comme un service public et qu’on n’ait plus à parler de médecine « libérale », mais de médecine tout court !

Ernesto Medic