La Poste assure la distribution des plis électoraux : elle a reçu pour ce faire 50 millions de l’État mais n’embauche personne pour passer cette énorme quantité de courrier, qui s’ajoute à tout le reste. Dans les centres, rien n’est prévu à part charger les postiers sur des tournées interminables pendant deux semaines. Ce travail harassant était il y a quelques années rémunéré sous forme de prime et de toute façon moins pénible, car il y avait plus de personnel. Mais il est devenu un parcours du combattant et les chefs essaient de faire passer la pilule : « vous serez payés si vous dépassez les horaires » ! Ce qui revient à imposer une grosse charge de travail non-rémunérée. Les facteurs et factrices de Paris 15 se sont saisis du premier tour des élections municipales pour contester cette injustice mais aussi pour se battre contre un projet de suppression massive d’emplois : une semaine de grève ! Une centaine de collègues issus d’une dizaine de bureaux en Loire-Atlantique, dont trois des quatre bureaux de Nantes, ont débrayé également pendant le premier tour, en faisant entre un et quatre jours de grève en fonction du bureau. Les facteurs et factrices de Trélazé dans le Maine-et-Loire ont également fait grève. L’injustice ressentie sur le non-paiement des plis électoraux entre en résonance avec un mécontentement plus général face à une politique de multiplication des tâches non-rémunérées à la Poste : les facteurs voiture se voient imposer l’ajout d’un nouveau métier, à savoir les activités logistiques, et les facteurs vélos prennent en charge de plus en plus souvent la distribution de la publicité non adressée (imprimés publicitaires et magazines municipaux ou des conseils généraux et régionaux), dont les contrats particulièrement juteux pour la plus grosse entreprise du pays.
Correspondant