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Hausse du prix du carburant : qui s’en met plein les poches ?

Alors que les prix des carburants s’envolent une polémique oppose le ministère de l’Économie à Dominique Schelcher, le patron des magasins Hyper et Super U qui possèdent de nombreuses stations services. Ce dernier affirme que l’État est le « grand gagnant » de la hausse du prix de l’essence en raison des taxes qui les frappent. Bercy réfute ces accusations en rappelant que seule la TVA (20 %) augmente avec le prix et que les autres taxes sont fixes. Dans le même temps les distributeurs de carburant ont été reçus au ministère pour « s’assurer » qu’ils ne pratiqueront pas de hausses exagérées des prix, par rapport à celles des cours du pétrole. En fait, de part et d’autre, on fait part d’une belle hypocrisie. Selon l’Union française des industries pétrolières le prix du litre de carburant se compose environ de 30 % du coût des matières premières, de 50 à 55 % de taxes (TVA et accise) et de 15 à 20 % de coûts de distribution. Lorsque ce prix augmente les recettes de l’État vont de pair mais les distributeurs en profitent toujours pour se faire un peu de la marge. S’ils affichent immédiatement à la pompe la hausse du prix mondial du pétrole (même lorsqu’ils ont des stocks payés à l’ancien prix) ils attendent souvent plusieurs jours, voire plusieurs semaines, pour répercuter les baisses. Il n’y a que l’automobiliste qui ne s’en met pas plein les poches.