La nouvelle présidente de la Cour des comptes, Amélie de Montchalin, le contestait, mais le ministre de l’Économie Éric Lombard a bien été obligé de le reconnaitre : Bercy estime à 13 335 le nombre de foyers millionnaires non imposés sur le revenu. Selon le Sénat, cela représenterait 15 % des ménages dont le patrimoine dépasse 7,3 millions d’euros. La palme revient à un foyer totalement exonéré malgré un patrimoine immobilier de 142 millions d’euros ! « On ne parle ici que du patrimoine immobilier. Le phénomène serait encore plus marqué si l’on incluait le reste du patrimoine, dont les actions », confesse Claude Raynal, président de la commission des finances du Sénat. Certains cumulent ces biens mais sont imposés dans un autre pays (sûrement des paradis fiscaux…). D’autres pratiquent l’« optimisation fiscale » : la fraude légale pour riches. Ils utilisent notamment le fameux « pacte Dutreil », si cher au patronat, afin de transmettre des biens via des holdings, évitant toute imposition. Les riches s’arrangent toujours pour trouver mille et une combines pour ne pas payer d’impôt. En revanche, gare aux pauvres qui se font taper sur les doigts par l’administration à la moindre erreur de déclaration.
Face à ces millionnaires toujours plus riches, la France compte désormais 9,8 millions de pauvres. Et le mal-logement continue de s’étendre, comme le souligne le rapport annuel de la Fondation pour le logement. L’association recense 2,8 millions de demandeurs en attente de logement social, à l’heure où 3 millions de logements restent vacants selon l’Insee. Seule une demande de logement social sur dix a abouti en 2024. 350 000 personnes demeurent sans domicile fixe (contre 143 000 en 2012 !), tandis que 590 000 déclarent être hébergées de manière contrainte, avec tous les problèmes de violence que ces situations peuvent engendrer, notamment pour les femmes. À noter que 34 % des familles monoparentales vivent sous le seuil de pauvreté, et se retrouvent souvent les premières victimes de cette précarité. Une poignée de privilégiés profite pourtant de la situation puisque l’Insee indique que les 10 % de Français les plus fortunés possèdent 48 % du parc locatif immobilier.
Par ailleurs, être logé ne suffit pas à garantir un confort minimal : 41 % des ménages affirment avoir eu froid dans leur logement en 2025 à cause du prix du chauffage et/ou d’une mauvaise isolation, et 49 % des ménages ont souffert de la chaleur en 2025.
Pour un logement digne pour tous : expropriation des bailleurs et fonds spéculatifs immobiliers, ainsi que des multi-propriétaires qui extorquent les locataires avec des loyers hors de prix ; rénovation du parc immobilier, en commençant par les passoires thermiques, en prenant sur les profits accumulés par ces propriétaires ; réquisition de tous les logements vides !
Lamine Siout