« L’État se comporte comme un profiteur de crise » : c’est ce que dénonce Marine Le Pen. L’occasion était trop belle pour elle de jouer la pétroleuse. L’augmentation des carburants étant très mal vue, voilà pour le RN un réservoir de carburant électoral pour la présidentielle que de protester contre ! « Il faut trouver des solutions […] pas pour dégrader le budget de l’État »… non, Marine Le Pen n’irait pas jusque-là, en responsable qui postule au pouvoir. Et bien sûr pas un mot contre le patronat, contre les compagnies pétrolières qui répercutent les hausses illico, en vendant l’essence ou le gazole à un prix bien supérieur à celui où ils ont été achetés des semaines ou des mois auparavant. Quant à la militarisation ambiante au bonheur des marchands de canon français, qui contribue à faire flamber les prix et s’y alimente, la pétroleuse d’extrême droite en est une fervente partisane.
De son côté, la ministre chargée de l’énergie s’insurge hypocritement. « Jamais l’État ne s’est enrichi sur le dos d’une crise ou lors de chocs pétroliers », dit-elle. La hausse des prix incitant à se serrer la ceinture et acheter moins, l’État gagnerait moins ! Ce qui reste à voir !
Quant aux mesures du gouvernement en faveur des transporteurs routiers et entreprises de pêche, elles restent des annonces dérisoires pour les petites ou toutes petites entreprises de ces secteurs : un remboursement de 20 centimes par litre pour celles pouvant justifier de difficultés de trésorerie. Juste pour le mois d’avril. Et des prêts qu’on pourrait leur consentir… à quels taux d’intérêt ? Pour les Geodis, FedExpress, UPS et autres, pas de soucis en revanche. C’est sur les consommateurs qu’ils répercutent illico leurs augmentations de tarifs.
Restent les travailleurs, qui doivent prendre leur bagnole tous les matins, dont les logements se chauffent au fioul. C’est « chaud » pour eux qui n’ont qu’un salaire, précisément en cette période de NAO (négociations des salaires). Alors oui, les taxes de l’État sont scandaleuses ; oui, il faudrait bloquer ces envolées de prix… mais surtout imposer que l’augmentation des carburants soit répercutée immédiatement sur les salaires ! Indexation des salaires sur les prix à la pompe ! Il va falloir, tous ensemble, engager la lutte pour ça ! Aux exploiteurs, fauteurs et profiteurs de guerre de payer leur note !
31 mars 2026, Olivier Belin