Nos vies valent plus que leurs profits

Justice pour El Hacen Diarra et toutes les victimes de la police !

Dans le 20e arrondissement de Paris, l’indignation laisse place à la révolte face au meurtre d’El Hacen Diarra, un travailleur mauritanien mort dans la nuit du 15 au 16 janvier des suites d’une interpellation violente par les policiers du 20e arrondissement.

Après le rassemblement du 25 janvier, une nouvelle manifestation au départ de Barbès s’est tenue samedi 19 février. Près de 2000 personnes, en rangs compacts, se sont rassemblées pour envoyer un message : face aux violences policières et au racisme, nous ne nous laisserons pas faire.

Pendant que le gouvernement, et tous les partis présents à l’Assemblée nationale, pleuraient la mort d’un militant d’extrême droite, et que des nervis d’extrême droite manifestaient à Lyon, des centaines de travailleurs, en particulier des travailleurs immigrés s’organisaient et défilaient dans les rues de Paris pour que la mémoire de ce meurtre ne disparaisse pas. Bien sûr, pas un mot de la part du gouvernement, ou plutôt une indifférence à vomir : Laurent Nuñez expliquait le 25 janvier qu’il n’avait « aucune raison de suspendre » les policiers inculpés… en ajoutant que « rien ne dit les causes de la mort ». « Rien ne dit », ou plutôt « la police ne le dit pas », car une vidéo tournée par des voisins montre très clairement le caractère violent de l’intervention. Par contre les caméras des policiers, obligatoires, n’étaient pas fonctionnelles, du fait selon eux de « la décharge de leur batterie »… Quel hasard !

C’est sûr, quand il s’agit de faire régner l’ordre, de tabasser des travailleurs, de réaliser des meurtres racistes, là il y a du monde. Mais par contre quand il faut rendre justice, il n’y a plus personne. Et pour cause, nous n’avons rien à attendre de la « justice » de l’État français.

La justice et la vérité sur toutes ces violences, contre cette impunité passe bien sûr par des mobilisations, comme celle du 21 février, et c’est ce que nous avons voulu faire entendre en descendant dans la rue. Pour obtenir ce que nous voulons, nous sommes obligés de tordre le bras à ce système meurtrier qui ne cherche qu’à nous écraser. Pour El Hacen Diarra et tous les autres, continuons le combat !

Benjamin Guignard