
Jeudi 18 décembre, dès 6 heures, les travailleurs de l’entreprise Kem One s’installent sur leur piquet de grève. Ils allument deux grands feux de palettes, visibles depuis le périphérique, où les nombreux travailleurs qui passent donnent du klaxon en soutien. Dans cette entreprise du couloir de la chimie lyonnaise, les grévistes dénoncent leurs conditions de travail et leurs craintes pour l’avenir du site. Apollo, un fonds d’investissement américain, a racheté la boîte. Depuis, l’état de l’usine se détériore de jour en jour. Un atelier PVC a même été fermé temporairement, tant il n’était plus possible de le faire tourner en l’état. Non pas que le patron bien français qui a vendu à Apollo valait mieux : c’est sous son règne, en 2017, qu’avait été révélé le caractère cancérigène des rejets de l’usine dans l’atmosphère. La logique d’Apollo est simple : d’un côté, encaisser les profits, et de l’autre laisser mourir l’usine à petit feu. D’ailleurs, les salariés qui partent à la retraite ne sont plus remplacés et les CDD ne sont pas embauchés. Une façon de préparer la fermeture de toute l’usine ?En faisant grève, les travailleurs de Kem One montrent qu’ils ne sont pas dupes des manœuvres de leur patron. Reste maintenant à ne pas s’isoler, pour ne pas se démoraliser. Juste à côté de Kem One, il y a l’usine Symbio. Cette entreprise flambant neuve vient d’annoncer un plan de licenciements de 358 salariés, suite au retrait de Stellantis du capital… après avoir été arrosée d’argent public ! Comme quoi, les méthodes des patrons américains ne sont pas différentes de celles du patronat tricolore. Alors, c’est bien parmi l’ensemble des travailleurs de la région, qui tous seront attaqués à plus ou moins long terme, que ceux de Kem One pourraient trouver de la force !
6 janvier 2026, Stanislas Erren