De retour du sommet des riches de la planète, à Davos dans les neiges suisses, Félix Tschisekedi, président de la République démocratique du Congo (RDC) et Emmanuel Macron, tous deux équipés de lunettes teintées, se sont retrouvés à Paris vendredi 23 janvier. Ancienne colonie belge, la RDC sort du cadre habituel des relations commerciales France-Afrique. Mais cette visite est un peu le symbole du rebattage des cartes entre puissances impérialistes en Afrique aujourd’hui.
L’impérialisme français y a perdu bien des plumes. Il était temps ! Parce que les populations en ont assez du maintien postcolonial de la mainmise des Bouygues, Bolloré, Total, EDF, Veolia, Auchan, CMA-CGMC, et on en passe, sur les richesses de leurs pays. Mais aussi parce que les besoins des nouvelles technologies en minerais rares que l’on trouve en abondance dans le sous-sol africain ont accru la course des prédateurs.
Bousculé au Mali, privé de l’uranium du Niger, le petit Macron et les hommes d’affaires français qu’il représente voudraient bien avoir leur mot à dire, et leur part du gâteau ailleurs, dont cette région du Congo et des grands lacs si riches en ressources minières et où, pour l’instant, Trump s’est érigé en arbitre. Macron espère y avoir quelques atouts lui aussi : de bonnes relations avec le Rwanda, où pourtant, jadis, sous le règne de Mitterrand, la France a eu sa part de responsabilité dans le génocide des Tutsis. Mais il est vrai que Macron s’en est excusé pour que vogue le commerce…
Sommaire du dossier du numéro 50 de Révolutionnaires
- La Françafrique : décrépite mais toujours vorace
- Du colonialisme au néocolonialisme
- Les prédateurs sont toujours là
- L’impérialisme français à la recherche de nouvelles proies
- La France et les présidents africains : les copains d’abord
- Main-d’œuvre surexploitée en France : l’autre versant de la Françafrique
- L’Afrique en mutation, sous le nez de ses prédateurs