Nos vies valent plus que leurs profits

La France et les présidents africains : les copains d’abord

Quelques portraits de dictateurs fidèles

En Côte d’Ivoire, les bons et loyaux services de Ouattara

Juillet 2025 : « déjeuner de travail » à l’Élysée entre Alassane Ouattara et Macron.

Octobre 2025 : Ouattara rempile pour un quatrième mandat présidentiel. Quel rapport ? Aucun, bien sûr ! Surtout pas les mille entreprises françaises, à qui le gouvernement ivoirien déroule le tapis rouge. Surtout pas le chantier du métro d’Abidjan, attribué à un trio français (Alstom, Bouygues, Keolis). Surtout pas les liens entre les familles Bouygues et Bolloré d’une part et l’élite ivoirienne de l’autre, lors de dîners de gala organisés par Dominique Ouattara, la femme dudit président. Et enfin, surtout pas l’installation au pouvoir de Ouattara en 2011, grâce aux bombardements des hélicos français, histoire de calmer l’agitation sociale de l’époque.

Au Cameroun, Biya pilier de l’ordre

Le Cameroun n’a connu que deux présidents depuis son indépendance, obtenue en 1960, après l’écrasement sanglant d’une révolte populaire par la France en 1955 et l’achèvement de cette guerre coloniale cachée en 1960, avec l’aide de l’armée camerounaise. Depuis 1982, et pour la huitième fois, c’est Paul Biya qui assume ces fonctions. Du moins, les six mois de l’année où il n’est pas dans son hôtel particulier en Suisse. Tout cela sous le regard bienveillant de la France, Macron mettant récemment en scène une « réconciliation mémorielle » pour faire oublier les morts de 1955 et 1960… et ceux des dernières manifestations de 2025, lors de la dernière mascarade électorale.

Au Tchad, les Déby, de père en fils

Avril 2021 : Macron est présent aux funérailles d’Idriss Déby père, mort après 30 ans de maintien au pouvoir, notamment grâce à l’intervention en 2019 des avions de chasse français Mirage.
Janvier 2026 : Idriss Déby fils vient d’être reçu à l’Élysée, pour restaurer des liens de « respect mutuel ». Il faut dire qu’entre-temps, l’armée française s’est fait virer du pays, dans la foulée du chaos régional entraîné par l’opération Barkhane… Un sénateur français s’émouvait à l’époque : « Par maladresse peut-être, par manque de communication assurément, nous ne parvenons pas à convaincre ou tout simplement à rassurer les populations locales sur nos louables intentions. » La France, cet impérialisme incompris…

Vladimir Akali

 

 


 

 

Sommaire du dossier du numéro 50 de Révolutionnaires