Nos vies valent plus que leurs profits

La protection des travailleurs contre l’exposition aux produits toxiques ne peut être l’œuvre que des travailleurs eux-mêmes !

Un rassemblement d’une trentaine d’ouvriers de maintenance des bus a eu lieu mardi 24 mars devant le tribunal de prud’hommes de Paris pour dénoncer l’absence de protection véritable contre les émanations chimiques dans les ateliers de la RATP, dont certains ont déjà été cédés à une filiale ou à des compagnies privées.

La direction de la RATP, obnubilée par ses profits et le découpage de l’entreprise en lots au bénéfice de sa filiale CAP ou d’entreprises privées comme Keolis ou Transdev, fait l’économie de mesures de protection.

Un exemple parmi tant d’autres : les tuyaux assurant l’évacuation de l’air contaminé vers l’extérieur restent démontés le temps de réaliser des travaux de rénovation des ateliers, alors que les ouvriers continuent d’y travailler.

Cette situation est connue depuis au moins dix ans. Des alertes « danger grave et imminent » (DGI) ont été posés régulièrement, mais la direction les a souvent contestés. Elle a même été (modestement) sanctionnée pour cela par l’inspection du travail. Réaction de la RATP ? Saisir la justice contre l’inspection en prétextant un « harcèlement » !

Une entreprise extérieure procède chaque année à des inspections techniques sur la ventilation des ateliers. Elle a constaté des manquements sur des installations, parfois les mêmes dans les dépôts de bus. 84 salariés ont attaqué la direction en justice pour mise en danger de leur santé. Le procès a été reporté au 30 septembre prochain.

Seule une mobilisation massive des ouvriers de la maintenance et des conducteurs de bus pourrait permettre d’exercer un contrôle par en bas qui garantisse la santé des travailleurs. Hors de question de perdre sa vie à la gagner !

Pierre Mattei