À l’occasion des vingt ans de l’assassinat d’Ilan Halimi, un arbre a été planté dans les jardins de l’Élysée à sa mémoire. Rappelons que ce jeune juif de 23 ans avait été enlevé puis torturé et assassiné par une bande de voyous antisémites, surnommée « le Gang des barbares », qui espérait obtenir une rançon. Dans son discours Emmanuel Macron a affirmé qu’en vingt ans « la barbarie antisémite n’a pas reculé, au contraire, elle n’a cessé de se régénérer », et que la mobilisation devait « redoubler ». Dans la foulée il a proposé une « peine d’inéligibilité obligatoire » pour les élus coupables « d’actes et propos antisémites, racistes et discriminatoires », les politiques devant être « des sentinelles de la République ». Fortes paroles. Mais, dans le détail, s’il a décortiqué les différentes formes d’antisémitisme (en y assimilant l’anti-sionisme, ce qui est à la fois malhonnête et scandaleux), par contre il ne s’est pratiquement pas étendu sur le racisme anti-musulman, anti-arabe, anti-noir et anti-migrants. Et pour cause. Ce racisme (qu’il prenne la forme de lutte contre l’islamisme et le communautarisme, de pseudo-défense de la laïcité ou de dénonciation de la submersion migratoire, voire du grand remplacement) est défendu ouvertement non seulement par l’extrême droite mais aussi par nombre de députés et de sénateurs qui soutiennent Macron. Voire par certains de ses ministres, notamment ceux qui ont été ou sont en poste à l’Intérieur et à la Justice. Et il n’y a aucune chance qu’il sévisse contre eux. Son anti-racisme est donc fortement sélectif.