
À Lyon, le prolongement du tramway T6, qui reliait jusqu’ici les Hôpitaux Est à Debourg et qui s’étend désormais jusqu’à La Doua, est la parfaite illustration de ce que peuvent devenir des grands projets réalisés à l’économie. Piloté par le SYTRAL Mobilités, dirigé par une majorité de gauche, le tram a été inauguré le 14 février, comme prévu, malgré des signaux inquiétants.
Avant même la mise en service, un rail cassé avait été signalé, ainsi que des dysfonctionnements dans certaines zones de manœuvre, notamment en Gare de Villeurbanne, au croisement de la ligne de tramway T3. Lors des journées de marche « à blanc », destinées à tester la ligne sans passagers, les conducteurs ont dû circuler à proximité immédiate des ouvriers encore mobilisés pour achever les travaux avant l’ouverture. Une situation à risque pour ces travailleurs, soumis à une forte pression afin de respecter les délais. Le jour de l’inauguration, une fois les discours et les petits fours terminés, des problèmes rencontrés en zone de manœuvre ont provoqué des retards sur les deux lignes.
Ces incidents pèsent directement sur les conditions de travail des conducteurs et des régulateurs, déjà soumis à une forte pression. Lorsqu’un calendrier est particulièrement serré, notamment en période électorale, et que des contraintes budgétaires poussent à réduire les coûts par tous les moyens, les travailleurs et les usagers en subissent les conséquences. Pour mener à bien et dans de bonnes conditions le développement nécessaire de l’offre de transport, Il faut aller chercher les financements là où ils se trouvent, dans la poche des grands patrons lyonnais !
Marcel Smith