
Il a deux semaines, Lisi a annoncé la fermeture de son usine à Puiseux-Pontoise (Val d’Oise) qui produit des fixations pour l’automobile, sous-traitant de Stellantis, Renault, Mercedes, BMW dans toute l’Europe : 131 licenciements prévus, la fermeture totale du site est programmée en octobre. Malgré les 211 millions d’euros de profits en 2024, ce groupe international (automobile, aérospatial, médical) assoiffé de gains de productivité, planifie le transfert de l’activité en Allemagne, Hongrie et Maroc. Dans ce sale coup, on retrouve la famille Peugeot, actionnaire à 5 % de Lisi. La direction propose des reclassements dans l’aérospatial : vers Bordeaux, Toulouse, Troyes. La moyenne d’âge est de près de 45 ans, certains ont 35 ans de boîte, cette proposition de partir refaire sa vie très loin est vue comme une provocation. Selon les salariés, faute de mieux, il reste donc à négocier des indemnités. Or la direction propose pour le moment 300 euros d’indemnités supra-légales par année d’ancienneté ! « Il manque au moins un zéro ! » se révolte un syndicaliste, une ouvrière déclare : « Moi ça fait 12 ans que je travaille ici ! Je partirais donc avec 3 600 euros [en plus des indemnités légales] ? »
Les salariés se sont mis en grève suite l’annonce de la fermeture, partiellement interrompue avec le début des négociations. Plusieurs délégations de travailleurs sont passées sur leur piquet de grève, des délégués des usines proches : de la CGT de Renault Flins et de SUD Stellantis Poissy notamment. Renault Flins ne produit plus de voitures depuis deux ans et a un avenir incertain, Stellantis Poissy avec ses 2 000 salariés est menacé de fermeture dans un an et demi.
Dans le secteur automobile, rien qu’en janvier, Bosch a annoncé la fermeture des sites d’Yeure près de Moulins (270 salariés) et de Vénissieux (40 salariés), à Strasbourg Dumarey Powerglide annonce la fermeture de son site (320 emplois supprimés après 245 en 2025), en Moselle ce sont les entreprises Mahle et Allgaier qui menacent 180 emplois chacune, dans le Nord : Sogefi (130 emplois) et la liste est encore longue…
Pour être plus fort et gagner il y a la nécessité de se battre ensemble, prendre des contacts en vue de se coordonner, contre les patrons licencieurs de l’automobile et au-delà !
Hersh Ray et Léo Baserli