Le CHU de Rouen fait face à une nouvelle saturation, d’où l’ouverture du plan hôpital en tension (HET) le 6 janvier 2026. Aux urgences, les patients s’entassent, les temps d’attente explosent et les conditions d’accueil se dégradent.
Le problème dépasse largement un seul service. Les urgences, en première ligne, absorbent l’engorgement de tout l’hôpital. Faute de lits disponibles dans les services, des patients restent des heures, voire des jours, sur des brancards. L’ouverture de lits HET, présentée comme une solution d’urgence, a des conséquences pour tous les patients : certaines hospitalisations programmées n’ont tout simplement pas lieu, et les lits supplémentaires ouverts le sont sans renfort de personnel, laissant des équipes déjà épuisées tenter de faire face avec les mêmes effectifs.
Contrairement aux idées reçues, la saturation des urgences n’est pas due à la « bobologie ». L’augmentation des hospitalisations par consultation confirme d’ailleurs que les passages aux urgences répondent à des besoins de soins urgents.
Si le contexte d’épidémie hivernale joue un rôle, il ne peut pas servir d’explication. Chaque année, cet argument revient, alors que dans le même temps des services sont régulièrement fermés par manque de personnel, réduisant mécaniquement le nombre de lits et aggravant l’engorgement des urgences.
Cette crise est tristement illustrée par le cas d’une patiente de 99 ans, contrainte d’attendre 64 heures sur un brancard avant qu’une place d’hospitalisation ne se libère, en novembre dernier au CHU. Et ce n’est pas un cas isolé : tous les hôpitaux sont concernés, révélant le caractère profondément structurel de ces crises à répétition. Comble du cynisme : le ministère de la Santé réussit encore à faire mine d’être surpris des résultats de sa propre politique.
20 janvier 2026. Correspondante