Nos vies valent plus que leurs profits

Les vœux de la CGT des gardiens de troupeaux : une année de lutte !

Lundi 12 avril, le syndicat des gardiens de troupeaux CGT organisait ses vœux devant la chambre d’agriculture de l’Isère à Moirans. Nous avons interviewé Emmeline, une des militantes du syndicat.

Est-ce que tu peux m’expliquer pourquoi vous avez organisé ces vœux et pourquoi ici ?

On est à la chambre d’agriculture de l’Isère, c’est le siège de la FNSEA qui organise aujourd’hui ses vœux. On fait nos contre-vœux pour rappeler nos conditions de travail comme salariés agricoles. Le bilan de l’année 2025 a été lourd pour nous : deux gardiens de troupeaux sont morts cet été et il y a eu d’autres cas graves.

Quelle est votre actualité revendicative ?

Nous avons plusieurs revendications : conditions de travail, salaires, prime d’équipement, prise en compte des frais des chiens de conduite1, logement2. La FNSEA, le syndicat de nos patrons, aimerait bien nous balader. Il existe actuellement un accord en Savoie qui garantit aux gardiens de troupeaux d’être payés 44 heures pour leur travail3 et d’avoir six jours de congés payés supplémentaires en fin de saison. Nous demandons l’extension de cet accord à toute la région Auvergne-Rhône-Alpes.

Quelles seront vos prochaines actions ?

Le 11 février va commencer la foire de Saint-Martin-de-Crau. C’est une grosse foire agricole où on est présent chaque année. La plaine de la Crau, dans les Bouches-du-Rhône, c’est là où il y a les plus grosses exploitations ovines comme Bourgeois, Trouillard, Soldat, des noms qui ne s’inventent pas. Leurs troupeaux atteignent 25 000 têtes contre quelques centaines en moyenne. L’hiver, les éleveurs de la Crau font travailler les bergers dans la plaine et l’été, ils montent les bêtes en camions dans les pâturages alpins. La foire est le grand rendez-vous des éleveurs qui se remettent des prix. C’est une foire aux bestiaux, mais aussi une foire aux bergers qui viennent chercher un contrat pour l’été. L’an dernier on avait déroulé une banderole au-dessus de l’estrade, donc cette année, ils s’attendent à ce qu’on récidive !

 

 


 

 

1  Les gardiens de troupeaux doivent aujourd’hui payer eux-mêmes leurs chaussures et les fournitures pour leurs chiens.

2  Durant l’estive, la longue période d’été où les troupeaux pâturent, les gardiens de troupeaux sont en permanence avec eux, avec des logements parfois plus que sommaires (cabanes sans lumière ou eau chaude, bungalow, tente…).

3  Dans la plupart des cas, les gardiens de troupeaux effectuent 70 heures en étant payés 35 heures au Smic.