
Après l’intervention militaire décidée par Trump au Venezuela pour mettre la main sur son pétrole, après avoir réaffirmé la volonté de s’approprier le Groenland et ses ressources, c’est l’Iran que le dirigeant américain menace désormais d’une nouvelle intervention militaire. Le prétexte en est de voler au secours de la population iranienne qui défie la dictature de Khamenei malgré une répression qui a fait, à l’heure où nous écrivons, plusieurs centaines de morts et des milliers d’arrestations.
Pour justifier l’intervention américaine au Venezuela, Trump avait évoqué la promotion de la démocratie et la prétendue lutte contre le narcotrafic. Sauf qu’il est évident pour tout le monde que ce coup de force de Trump avait tout à voir avec la défense des intérêts impérialistes des États-Unis dans la région.
Leur « démocratie » a une odeur de pétrole
Au Venezuela, les États-Unis sont venus mettre la main sur des ressources pétrolières dont ils n’avaient pas le contrôle exclusif. Depuis l’enlèvement de Maduro, pour mettre la pression sur un régime vénézuélien déjà enclin au compromis, les États-Unis bloquent les exportations de brut et ont intercepté plusieurs tankers, afin d’interdire l’usage du pétrole vénézuélien par d’autres puissances, la Russie et la Chine, qui font des affaires avec Caracas.
Et Trump ne s’arrête pas là, menaçant les autres pays d’Amérique latine non entièrement alignés sur les États-Unis de frappes au sol, les forçant à des déclarations d’allégeance. Il s’est aussi tourné vers ses alliés européens, en rappelant ses vues sur le Groenland, une colonie du Danemark qu’il aimerait bien lui souffler (ou lui acheter) pour ses gisements sous-marins prometteurs que le réchauffement climatique pourrait libérer de l’emprise des glaces… ce qui suscite la convoitise cynique des grands capitalistes ! Quant au peuple du Groenland qui passerait d’un colonisateur à l’autre, il n’aurait pas son mot à dire.
Mais les masses populaires ne se laissent pas faire !
Aujourd’hui, c’est l’Iran qui est dans le viseur de Trump. Là encore, une intervention de l’armée américaine n’aurait rien à voir avec la défense de la « démocratie » ou du peuple iranien. Si Trump menace d’intervenir en Iran, c’est pour couper court à un mouvement social aux conséquences imprévisibles, dangereuses par l’exemple qu’il pourrait donner aux peuples des dictatures pro-occidentales des pays voisins et pour les intérêts des trusts pétroliers dans la région.
Le soulèvement populaire en Iran a pour point de départ une crise économique que les dirigeants du pays font payer aux classes populaires en imposant l’austérité et le gel, voire le non-versement, des salaires. Une crise autant due à la corruption du régime qu’aux sanctions économiques imposées à l’Iran par les grandes puissances, États-Unis en tête.
Malgré les crimes policiers, la coupure d’Internet et la fermeture des universités, les manifestations grossissent, les forces répressives sont chassées de villes et de quartiers. Mais les manifestants ne se battent pas pour voir les dirigeants actuels remplacés, à coup de bombardements américains, par un retour au pouvoir de la monarchie, par l’intermédiaire du fils de l’ancien chah d’Iran, renversé en 1979 par une révolution populaire !
Et c’est Trump qui pourrait avoir, à son tour, quelques craintes. Car, aux États-Unis aussi, des manifestations ont eu lieu partout contre sa propre politique. En premier lieu pour réclamer la fin des agissements de sa sinistre police de l’immigration, l’ICE, et réclamer justice pour Renee Good, cette automobiliste assassinée dans le cadre d’une manifestation qui dénonçait les violences policières. Trump et ses semblables s’attaquent au monde entier : ne leur laissons aucun répit !
Éditorial du NPA-Révolutionnaires du 12 janvier 2026