Nos vies valent plus que leurs profits

L’impérialisme français à la recherche de nouvelles proies

« Trop de nos groupes se sont désinvestis du continent africain », déplorait Macron le 8 janvier dernier dans sa conférence aux ambassadeurs. Les puissances impérialistes montantes, en premier lieu la Chine, qui représente 20 % des parts de marché du continent, mènent en effet la vie dure à l’impérialisme français. Les États-Unis, qui s’étaient jusque-là assez peu investis en Afrique, y ont désormais des bases et un commandement militaire. Les revers de la France, les bavures de son armée lui ont valu de perdre le contrôle sur des gouvernements « amis » au Mali, au Niger et au Burkina Faso, cédant la place aux militaires russes et aux hommes d’affaire qui vont avec… Et voilà qu’Orano, spécialiste des combustibles nucléaires, s’est fait souffler l’exploitation de l’uranium du Niger.

Mais les capitalistes français ont encore de beaux restes en Afrique. À commencer par Total et son nouveau projet pétrolier offshore au Nigeria. Le même Total a lancé un grand projet d’exploitation gazière au Mozambique, ancienne colonie portugaise, et fait garder ses installations par des troupes venues du Rwanda. La Société générale et le Crédit agricole sont également de la partie.

Les rapaces sont là, mais les travailleurs peuvent aussi montrer les dents. La résistance acharnée des salariés et de la population du Mozambique aux exactions de Total ont considérablement ralenti son implantation sur place. L’entreprise française y est poursuivie en justice par une ONG pour « complicité de crimes de guerre, torture et disparitions forcées » : la construction du site a impliqué l’expulsion de milliers de Mozambicains, contraints de quitter leur terres, et a détruit les ressources de la pêche.

Au Sénégal, petits commerçants et consommateurs se sont unis au sein du mouvement « Auchan, dégage ! », contre l’emprise croissante du groupe dans le pays. Fin janvier 2025, les syndicats des travailleurs du Gabon ont déposé un préavis de grève contre la précarité des emplois et les licenciements dans l’industrie pétrolière (50 % des recettes du pays et 60 % de ses exportations) où Total a sa part.

Robin Klimt

 

 


 

 

Sommaire du dossier du numéro 50 de Révolutionnaires