Le 11 février, le ministre Tabarot présentait une loi cadre pour le financement du transport collectif. Les besoins sont certes immenses. Mais le prétendu objectif de faire baisser les émissions de gaz à effet de serre sent bon l’escroquerie. Surtout au regard des solutions prônées…
Taxer les usagers des transports urbains
Aujourd’hui, le prix payé par les passagers représente en moyenne 17 % du coût total, la loi cadre évoque une augmentation de cette part à 30 %, soit le maximum existant sur certains réseaux… Malgré le rétropédalage immédiat de Tabarot, l’objectif d’adosser le prix du transport à l’inflation y figure bien, ce qui, à terme, augmentera la part des usagers.
Pourtant, le transport est majoritairement financé par une taxe très plafonnée sur les entreprises, le versement mobilité. Une modeste contribution du patronat à l’entretien d’infrastructures qui amènent ses salariés au travail ! C’est dans cette taxe qu’il faudrait aller chercher les moyens de développer l’offre, d’améliorer les conditions de travail des salariés, et in fine de réduire à zéro la participation des usagers, c’est-à-dire atteindre la gratuité.
Pallier la vétusté du rail en faisant les poches des voyageurs
Une part importante du réseau ferroviaire a déjà atteint son maximum de durée de vie depuis… 2023 ! L’idée de génie pour rénover les voies ferrées ? Faire payer les usagers de la route… En effet, à partir de 2031, les concessions aux sociétés d’autoroute s’achèvent peu à peu jusqu’en 2036, dégageant les plus de 1,5 milliard par an nécessaires. Voilà en effet 30 ans que des sociétés comme Eiffage ou Vinci se gavent littéralement en exploitant des infrastructures autoroutières qu’elles n’ont pas eu à construire. Ces autoroutes leur ont rapporté un million par kilomètre chaque année depuis 2002 ! Une manne encore garantie pour cinq ans par la loi cadre. Et si jamais le gouvernement ne changeait pas d’avis d’ici là, il faudrait tout de même trouver des solutions entre 2027 et 2032 : c’est donc sur SNCF voyageurs qu’il faudra compter, c’est-à-dire sur le prix des billets de train et les conditions de travail des cheminots.
Pour les macronistes, l’objectif est clair, trouver des financements peut-être, mais en faisant payer davantage les usagers des transports et en préservant les profits des patrons.
Philippe Cavéglia