
Suite à la pétition « Ma voix, mon choix », la Commission européenne donne l’autorisation aux États membres d’utiliser les fonds européens pour aider des femmes à avorter. Une mesure de papier qui ne garantit en rien l’accès à l’IVG aux femmes.
Plus de 20 millions de femmes en Europe n’ont pas un accès sûr à l’avortement. Et pour cause : restrictions en Pologne et à Malte ; non remboursement des soins en Allemagne, en Autriche, en Croatie, et, depuis 2021, au Portugal. En Hongrie, depuis 2022, un décret impose aux femmes qui veulent avorter d’écouter les battements du cœur du fœtus. En Italie, 70 % des médecins refusent de le pratiquer.
La pétition exigeait de l’Union européenne des fonds spécifiques afin de rembourser l’IVG dans le pays d’origine ou le déplacement à l’étranger pour avorter. Bruxelles rétorque qu’il n’y a qu’à utiliser les fonds déjà existants et préfère s’en remettre à chaque État pour leur utilisation : les Hongroises doivent avoir hâte de supplier Viktor Orbán d’utiliser les fonds européens pour financer leur IVG !
Valérie Hayer, députée européenne, affirme que cela « marque un véritable progrès pour les droits des femmes ». Elle s’y connait en « véritable progrès » : son groupe macroniste a soutenu la constitutionnalisation du droit à l’avortement en France au moment même où le budget de l’hôpital est réduit et que les délais s’allongent pour avorter. Et on devrait les remercier ! Seul un mouvement d’ensemble nous permettra d’arracher des moyens et de défendre l’ensemble de nos droits !
3 mars 2026. Uma Daunai