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Macron : un pas de plus dans la guerre où il dit ne pas vouloir aller

Dimanche 30 mars, l’armée française a annoncé l’envoi de quatre hélicoptères Tigre au Moyen-Orient. C’est petit, comparé au porte-avions Charles de Gaulle et l’armada qui l’accompagne. Mais, armés de canons surpuissants tirant 720 coups à la minute, ces quatre joujoux auraient pour spécialité de « traiter avec une précision chirurgicale » les drones iraniens capables d’échapper aux missiles vingt ou trente fois plus chers qu’eux. Si leur envoi marque un pas de plus de l’intervention de la France dans la guerre, c’est qu’ils vont non à Chypre mais directement sur le terrain, dans le golfe Persique.

C’est pour « renforcer la protection des intérêts français et des alliés », s’est empressé de préciser le chef d’état-major. Quels intérêts, si ce n’est celui des trusts pétroliers à avoir leur part dans le pillage des richesses de la région ? Protéger quels alliés ? Les firmes Dassault, Thales, Safran, Nexter, MBDA… les appelleraient plutôt des clients. Tant l’essentiel du commerce de la France vers les pays du Moyen-Orient, mis à part les produits de luxe pour la fine couche des privilégiés d’Arabie saoudite ou des Émirats, sont les armements en tout genre.

C’est au nom du commerce que la France a ses bases militaires, à l’entrée de la mer Rouge, où elle avait déjà participé, il y a deux ans et aux côtés des Américains, aux bombardements des Houthis du Yémen. C’est au nom du pétrole qu’elle a ses bases militaires en Arabie saoudite et dans le golfe Persique, notamment la base navale d’Abou Dabi à quelques encablures du détroit d’Ormuz, et une base aérienne voisine. C’est au nom du « service après-vente » de l’armement que des militaires français œuvrent sur place aux côtés des armées de ces dictatures « amies ».

C’est pour défendre sa petite place dans la région, où les États-Unis ont depuis longtemps soufflé le premier rôle aux anciennes puissances coloniales qu’étaient la France et la Grande-Bretagne, que l’armée française a envoyé plusieurs centaines de soldats faire la police en Irak, quand l’armée américaine, après y avoir fait la guerre, s’en est en partie retirée, lui sous-traitant le chaos qu’elle y avait créé. L’armée américaine est de retour, l’impérialisme français n’y est qu’un petit toutou, mais pas moins criminel, en train de glisser lui aussi dans cette monstrueuse guerre.

Et de nous en faire payer la note. Au budget militaire le gouvernement annonce une rallonge de 36 milliards d’euros aux 413 déjà prévus pour la période 2024-2030, avec notamment un programme de production massive de ces « petits drones pas chers », vient d’annoncer le vice-président de la commission de la Défense de l’Assemblée nationale, un député macroniste.

31 mars 2026, Olivier Belin