Nos vies valent plus que leurs profits

Main-d’œuvre surexploitée en France : l’autre versant de la Françafrique

En France, 12 % des actifs sont des étrangers, dont plus de la moitié, 3,5 millions, viennent d’Afrique. On estime aussi à près d’un demi-million le nombre de travailleurs sans papiers. Ces migrants font tourner la société, occupant les emplois les plus difficiles, sous-qualifiés et mal payés.

L’extrême droite diffuse sa démagogie raciste sur le « grand remplacement » par des migrants qui voleraient notre travail. Mais c’est bien le vol, par la France, des ressources de ses anciennes colonies qui condamne une population jeune de plus en plus nombreuse à émigrer.

Les patrons profitent du fait que les travailleurs migrants sont sans droits, sans papiers. Comme l’entreprise de ramassage de déchets Sépur, aujourd’hui poursuivie en justice par des travailleurs sans papiers qui avaient fait grève en 2021 pour dénoncer leurs conditions de travail et les faibles salaires, alors que Sépur avait remporté des marchés publics à bas prix. De même, pour les « vendanges de la honte » en Champagne, avec l’hébergement dans des conditions indignes de travailleurs sans papiers venus d’Afrique, mais aussi de Bulgarie et de Pologne.

Le gouvernement, reprend à son compte une politique xénophobe : la circulaire Retailleau de janvier 2025 avait comme objectif (réussi) de rendre les régularisations exceptionnelles et de généraliser les obligations de quitter le territoire, enfermant ainsi de plus en plus de migrants dans les centres de rétention administrative, dans des conditions insalubres, avec des cas documentés de violences physiques, voire de torture. L’esprit colonial tue, y compris en France, en témoigne le meurtre récent par la police de Hacen El Diarra devant son foyer de travailleurs à Paris.

Alors, quelle hypocrisie que celle de la gauche, quand elle parle de « réguler » l’immigration ! Y compris un Mélenchon, qui justifie cette « régulation » en prétendant que ce serait une façon de ne pas donner la possibilité aux patrons de baisser les salaires.

C’est au contraire la liberté de circulation et d’installation pour tous et toutes qu’il faut imposer. Comme l’ont revendiqué plusieurs grèves de travailleurs sans papiers : « On vit ici, on bosse ici, on reste ici ! »

Selma Timis

 

 


 

 

Sommaire du dossier du numéro 50 de Révolutionnaires