Nos vies valent plus que leurs profits

Marseille : profs, parents, élèves, tous ensemble pour des moyens pour l’école !

À Marseille, depuis plus de trois semaines, les lycéens sont dans la rue, et leurs profs avec. D’ailleurs, dès le 26 mars, les professeurs des écoles et les parents d’élèves les rejoignent à leur tour. Quelques collèges se mêlent à eux, avec une quinzaine de vies scolaires très massivement en grève, voire fermées ce jour-là.

C’est que, dans l’académie d’Aix-Marseille, les coupes sont nettes ! Le budget de guerre et d’austérité se compte en centaines d’heures en moins dans les lycées, et en dizaines d’options et de spécialités supprimées, ainsi qu’en 168 fermetures de classes contre seulement 93 ouvertures dans le premier degré. Alors face à une rentrée qui s’annonce encore plus difficile que les précédentes, voire intenable en septembre prochain, le personnel de l’éducation, les jeunes et les parents d’élèves ont décidé de ne plus se laisser faire.

C’est dans les établissements, par les salariés réunis en assemblées générales, que la grève s’est construite, sans attendre une annonce de l’intersyndicale qui ne vient que toujours trop tard. D’abord le 10 mars devant leurs bahuts avec leurs élèves, puis le 17 mars tous et toutes ensemble dans une grande manifestation. Et depuis, la mobilisation s’étend. La contagion a surpris tout le monde. D’abord l’intersyndicale qui s’est réunie rapidement le 13 mars pour appeler, comme l’AG du 10 mars, à la manifestation du 17 qui a rassemblé près de 2 500 personnes. Mais aussi les flics, toujours plus aux abois, qui multiplient les arrestations de lycéens, y compris à domicile avec perquisitions et coups de pression. Cela témoigne d’un pouvoir qui se sait fragile face à la possible extension de cette mobilisation et aux multiples raisons de mécontentement.

Le 26 mars, les rafales d’un mistral à 100 km/h n’ont pas découragé les 2 000 manifestants réunis à l’appel de l’AG et de l’intersyndicale académique. Le cortège des travailleurs de l’Éducation nationale a même beaucoup grossi. Dans les jours à venir il est prévu que le vent continue de souffler, il serait même temps que le vent tourne ! En la faveur de celles et ceux qui, de plus en plus nombreuses et nombreux, voient qu’ils n’ont pas intérêt à se résigner. Comme le dit très justement l’appel de l’AG marseillaise du 26 mars : « 8,5 milliards d’euros ont de nouveau été destinés à la guerre par le gouvernement. De l’argent, il y en a, rendez-le-nous ! »

Correspondante

 

 


 

 

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