Lundi 19 janvier, Jean-Luc Mélenchon visitait l’usine Dassault de Cergy (95) en compagnie d’Éric Trappier, PDG de Dassault Aviation et président du groupe, et d’Aurélien Taché, député insoumis de la circonscription. Une visite dont il a fait un compte-rendu sur son blog personnel. En trois heures, il a eu l’occasion de rappeler qu’il « admire beaucoup la maison Dassault », que « Serge Dassault [il] l’estimai[t] » et a assuré Trappier de son soutien dans le bras de fer qui l’oppose à Airbus Allemagne et Airbus Espagne. Dassault espère produire l’avion de combat du futur européen seule et empocher tout le pactole : le protectionnisme économique, c’est des profits bien français !
Ça a été l’occasion aussi d’affirmer son objectif pour l’industrie spatiale et aéronautique : « contribuer à l’essor de l’humanité sur des buts pacifiques et scientifiques » ; à travers l’exemple d’une entreprise qui ne fait son beurre que grâce aux guerres et autres interventions impérialistes, voilà qui est… cocasse.
Le chef de file des insoumis poursuit ses louanges : le « passage à la cadence de quatre avions Rafale par mois », un tour de force grâce aux « performances des salariés qui l’assurent ». En revanche, pas un mot sur les effectifs quasi constants et la charge de travail supplémentaire que ça implique. Ni sur le à peine plus d’un pour cent d’augmentation générale l’année dernière, insuffisant pour suivre l’inflation…
Silence complet enfin sur le fait que le groupe Dassault, à travers le journal Le Figaro et l’activisme de Trappier au sein du Medef, prône « l’union des droites », donc le renforcement de l’extrême droite…
Il n’y a pas de place pour la schizophrénie en politique : même française l’exploitation se fait toujours sur le dos des salariés et quand il s’agit de l’armement, c’est avec le sang des peuples.
Adrian Lansalot