L’accord de libre-échange de l’Union européenne avec les pays d’Amérique du Sud est désormais en discussion au sein de la Commission européenne pour être adopté par tous les États membres. Il inquiète les agriculteurs et donne l’occasion à Macron de faire un plaidoyer vibrant pour le protectionnisme
Après avoir soutenu le projet depuis 2019, Macron fait donc volte-face et mène depuis la bataille contre le reste de l’Union européenne. Il a réaffirmé le 19 décembre refuser de signer, faute selon lui, de garanties suffisantes pour l’agriculture française. L’angoisse des agriculteurs face au Mercosur est certes compréhensible dans un contexte de grande précarité, mais Macron n’est en rien un défenseur des agriculteurs. Pas plus que ne le sont les banques, les fabricants des machines et engrais ou les géants de la grande distribution. Ce sont ces capitalistes bien français qui écrasent les petits agriculteurs. La défense du protectionnisme est pour Macron un moyen de faire mine d’entendre la colère des agriculteurs.
Le RN a alors beau jeu de reprocher à Macron d’avoir rejoint trop tard ses positions protectionnistes. Et le nationalisme de LFI conduit les « insoumis » à défendre des positions similaires. Mais quand le Mercosur promet aux industriels européens d’être exonérés de droits de douane sud-américains, les mêmes ne trouvent rien à redire ! Ils sont protectionnistes pour les importations et libre-échangistes pour les exportations ! Le rêve des uns et des autres est de protéger leurs capitalistes tout en leur permettant de s’imposer sur les autres marchés sans aucune restriction.
Robin Klimt