Nos vies valent plus que leurs profits

Metz : souriez, vous êtes filmés !

À Metz, il y avait 160 caméras de vidéosurveillance en 2020, il y en a quasiment 1 000 aujourd’hui. À croire que le maire, François Grosdidier, vise à détrôner le recordman, le niçois Estrosi. Cette explosion de la surveillance, notamment autour des foyers de jeunes travailleurs et des lieux sportifs, a coûté 8,5 millions d’euros à la ville. Et tant pis si toutes les études scientifiques convergent pour établir que la vidéosurveillance, même rebaptisée « vidéoprotection », n’empêche pas les agressions.

Dans le même temps, il a fallu augmenter trois fois en six ans le prix de l’abonnement au réseau de transport en commun, Le Met, augmenter aussi le prix de toutes les cantines messines, et abandonner un projet de médiathèque dans le centre-ville, entre autres. Mais qui a besoin de se déplacer, de manger ou de lire un livre, quand il peut se réjouir d’aller au travail sous l’œil attentif de la police municipale, dont les effectifs sont passés de 90 à 110 ?

Mais pourquoi ce ne serait pas plutôt dans les bureaux des élus, ou dans les salles des conseils d’administration des grandes entreprises, qu’on mettrait des caméras pour surveiller leurs affaires ? Ou, encore mieux, pourquoi est-ce qu’on n’enverrait pas directement des travailleurs, des travailleuses, des jeunes, là où d’autres que nous décident à notre place toute l’année ? Histoire d’imposer nos intérêts, les sujets qui nous préoccupent, au lieu de laisser les politiciens professionnels tourner en boucle sur leurs obsessions sécuritaires !

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