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Mort d’un déporté politique kanak dans une prison en France : un crime colonial

Frédéric Grochain, un militant indépendantiste de la CCAT âgé de 31 ans, a été retrouvé mort dans sa cellule le 6 février au centre pénitentiaire de Varennes-le-Grand (71) où il était détenu depuis juin 2024. Il faisait partie des sept militants arrêtés et déportés en métropole au moment du soulèvement de la population kanak contre la réforme du Code électoral voulue par Macron.
Il a été comme ses six autres camarades accusé de « complicité de tentative de meurtre, vol avec arme et destruction par un moyen dangereux, en bande organisée, association de malfaiteurs, participation à un groupement formé en vue de la préparation de violences contre les personnes ou de destructions ou dégradations de biens ». Il n’avait pas été jugé depuis sa déportation. Une incarcération « préventive » de plus d’un an et demi à 17 000 kilomètres de chez lui !

L’autopsie a conclu à une mort naturelle, en raison de problèmes de santé, mais son avocat a estimé que ces derniers « n’auraient pas été correctement pris en charge ». Le président du FLNKS, Christian Tein, lui-même libéré après un an de prison « préventive » en métropole assure que « Frédéric Grochain est une victime directe du système judiciaire et carcéral colonial, qui s’est durci de manière inédite depuis les événements de 2024 ».

Nous partageons pleinement ce point de vue et nous réaffirmons notre solidarité avec tous les Kanak déportés, et, d’une manière plus générale, avec la lutte pour le droit à l’autodétermination du peuple kanak, colonisé et opprimé depuis un siècle et demi par l’impérialisme français.

Marie Darouen