Nos vies valent plus que leurs profits

Palestine

Lors d’une conférence de presse tenue à Singapour, Emmanuel Macron a affirmé que la reconnaissance d’un État palestinien n’était « pas simplement un devoir moral, mais aussi une exigence politique ». Il a aussi appelé les Européens « à durcir leur position collective » à l’égard d’Israël si Netanyahou n’apportait pas « une réponse à la hauteur de la situation humanitaire à Gaza ». Près de150 États à travers le monde ont déjà reconnu sans condition l’État de Palestine et la France est, dans ce domaine, lanterne rouge. Depuis son élection Macron, n’a pas fait un pas dans ce sens. De plus demander au gouvernement israélien de faire preuve d’humanité alors qu’il poursuit sans relâche un génocide, c’est se moquer du monde. Une chose que le président fait très bien.

Au moins 44 personnes sont mortes ces dernières heures dans la bande de Gaza dans des attaques israéliennes. Dans le même temps, l’État sioniste a annoncé la création de 22 nouvelles colonies juives en Cisjordanie occupée. Bezalel Smotrich, le ministre des Finances d’extrême droite raciste et suprémaciste, n’a pas caché qu’il s’agissait d’une étape en vue de l’annexion prochaine de ce territoire où quelque 500 000 Israéliens juifs vivent dans des colonies, créées en spoliant les habitants de leurs terres, au milieu de trois millions de Palestiniens. Selon des ONG de défense des droits humains et de lutte contre la colonisation, les faits accomplis sur le terrain n’ont jamais autant progressé que sous le gouvernement Netanyahou. Encore une fois massacres, colonisation et apartheid vont de pair.

Dans treize villes européennes – dont notamment Berlin et Londres – des Israéliens ont manifesté dans la rue pour demander la fin de la guerre à Gaza et protester contre « un génocide commis en notre nom ». À Paris, à l’appel notamment de l’Union juive française pour la paix, les manifestants, au nombre d’une centaine, ont convergé vers le ministère des Affaires étrangères. « Toutes les voix doivent se faire entendre aujourd’hui parce que l’urgence est absolue. Ce qui se passe à Gaza doit cesser », a déclaré Michal Raz, l’une des organisatrices de la manifestation parisienne. « En tant qu’Israéliens, partout en Europe et en Israël, nous avons la responsabilité de mettre fin à ce génocide. »

Début catastrophique de la nouvelle Fondation humanitaire de Gaza (GHF), créée par les États-Unis avec l’approbation d’Israël, pour supplanter l’ONU et ses agences dans l’assistance aux Gazaouis. Mardi, une distribution d’aide dans un nouveau centre de distribution tenu par la GHF a tourné au chaos à Rafah, dans le sud du territoire, lorsque des milliers de Palestiniens se sont rués sur les lieux. Le centre était en outre entouré par l’armée israélienne qui n’a pas hésité à ouvrir le feu. Officiellement des tirs de sommation « en l’air ». Bilan : 47 Palestiniens blessés, la plupart par balles, et un tué. Selon Ajith Sunghay, chef du bureau du Haut-Commissariat des Nations unies aux droits de l’homme dans les territoires palestiniens occupés, les tirs provenaient bel et bien de l’armée israélienne. C’est la conception de l’aide humanitaire de Trump et de Netanyahou.

Créée en février dernier à Genève avec l’appui des États-Unis, la GHF a annoncé avoir commencé à distribuer « des camions de nourriture » aux Gazaouis « dans des sites de distribution sûrs » et que « cet afflux augmentera chaque jour ». L’ONU, pourtant largement présente sur place au travers de plusieurs agences, a déclaré ne pas savoir si des cargaisons d’aide avaient effectivement été livrées. Et pour cause. Au lieu d’aller au-devant de la population qui a besoin d’aide, la GHF l’oblige à venir dans ses centres de distribution situés dans des lieux où l’occupant israélien veut regrouper les Gazaouis et les contrôler avant de les expulser. Outre l’ONU, toutes les ONG présentes sur place ont refusé les contacts avec la GHF. Bien mieux, son ancien directeur exécutif, Jake Wood, a annoncé sa démission dimanche, estimant impossible de faire son travail en suivant les principes humanitaires de neutralité et d’indépendance. Une organisation fantoche qui ne trompe personne.

Une enquête menée par Le Monde en collaboration avec Bellingcat, Forbidden Stories et plusieurs médias internationaux, établit à nouveau que les journalistes qui travaillent dans le territoire palestinien sont régulièrement pris pour cible par l’armée israélienne. Depuis le début de la guerre, en octobre 2023, au moins 170 d’entre eux ont perdu la vie. Particulièrement visés, les journalistes qui utilisent des drones pour filmer la situation sur place. L’armée israélienne continue d’affirmer sans vergogne et avec son culot habituel qu’elle ne cible que les groupes armés qui présentent un danger. Or l’enquête menée par ce groupe de médias montre que des journalistes dronistes ont été abattus alors qu’ils ne menaçaient en rien les troupes de l’occupant. C’est la liberté de la presse version Netanyahou.