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Palestine

Selon l’IPC (Integrated Food Security Phase Classification – Classification intégrée de la sécurité alimentaire), une agence de l’ONU spécialisée dans la malnutrition, des milliers de jeunes enfants pourraient mourir de faim dans le territoire palestinien d’ici avril 2026. Dans son dernier rapport, l’IPC indique que le territoire est « toujours confronté à un risque critique de famine », précisant que « l’ensemble de la population est confronté à des niveaux élevés d’insécurité alimentaire aiguë, tandis qu’un demi-million de personnes (une sur cinq) menacées de famine ». Dans ce cadre, 14 100 enfants de six mois à cinq ans sont actuellement en situation de « malnutrition aiguë sévère ». Le génocide continue…

Deux collaborateurs de l’ambassade d’Israël aux États-Unis ont été tués alors qu’ils sortaient du musée juif de Washington après avoir participé à une réception. Leur agresseur, un homme de 30 ans originaire de Chicago, a crié plusieurs fois « Libérez la Palestine » avant d’être arrêté. Si l’on peut comprendre la colère et l’indignation qui peuvent pousser à ce genre d’acte face au génocide en cours à Gaza, il n’empêche qu’un tel attentat ne sert en rien la cause des Palestiniens. Il alimente au contraire la campagne qui assimile la solidarité avec la Palestine à de l’antisémitisme. Cela n’a d’ailleurs pas tardé. Emboitant le pas à Trump, tous les dirigeants occidentaux ont insisté sur le caractère prétendument antisémite de ce meurtre. C’est aller un peu vite en besogne en assimilant le gouvernement de l’État sioniste, ses serviteurs et sa politique d’apartheid à l’ensemble des Juifs. Ce qui est l’essence même du sionisme. En Israël, l’un des premiers à réagir a été le dirigeant de l’opposition parlementaire, le député et ancien général Yair Golan. Il a déclaré : « Le gouvernement de Netanyahou est par ses actions le premier à nourrir l’antisémitisme et la haine d’Israël dans le monde. » Une évidence qu’il convient de rappeler.

Microsoft a décidé de bloquer temporairement les e-mails de ses salariés qui contiennent des mots comme « Palestine », « Gaza » ou « génocide ». Cela fait suite à un mouvement de protestation qui se développe parmi ses collaborateurs qui protestent contre les liens qu’entretient l’entreprise avec l’armée israélienne. Cette dernière s’appuie grandement sur la technologie que lui fournit la multinationale, comme son intelligence artificielle ou encore Microsoft Azure, une plateforme de cloud, pour mener des frappes meurtrières et surveiller la population gazaouie. Un partenariat que certains des employés de Microsoft considèrent comme « une complicité de génocide ». Ils ont donc créé un collectif No Azure for Apartheid (Pas d’Azure pour l’apartheid) qui regroupe d’anciens et actuels employés de la société et qui est bien décidé à se battre pour faire cesser cette collaboration.

Alors que Netanyahou, avec le soutien de Trump, continue d’empêcher toute aide humanitaire d’entrer à Gaza, une nouvelle ONG, la Fondation humanitaire pour Gaza, née en février dernier et basée à Genève, vient d’affirmer qu’elle était prête à livrer 300 millions de repas aux Gazouis d’ici la fin du mois. Comment ? En construisant quatre centres de distribution dans le sud du territoire, en accord avec l’occupant israélien. Mais pas question de venir en aide aux habitants du nord de la zone car cela risquerait de perturber les opérations en cours de l’armée sioniste. Elle a été dénoncée par l’ONU et les associations humanitaires actives sur le terrain qui la considèrent comme un faux-nez des génocidaires et de leurs complices. Quant au quotidien israélien The Times of Israël, il évoque sans détour une ONG « créée et soutenue par les États-Unis, en étroite coordination avec Israël ». Au moins les choses sont claires.