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Palestine

Une délégation de 27 parlementaires et élus français de gauche, appartenant notamment aux écologistes et au PCF, a été interdite d’entrée en Israël, au moment de son départ pour une visite diplomatique prévue pour durer jusqu’au 24 avril 2025. Au cours de cette visite les élus devaient se rendre notamment dans les territoires palestiniens et rencontrer des dirigeants politiques locaux. La délégation a dénoncé « une punition collective à son égard ». Une mesure qui ne peut étonner. Récemment encore, ce sont deux députés travaillistes britanniques qui ont connu le même sort. En fait les autorités sionistes font tout pour empêcher des observateurs indépendants – parlementaires, journalistes, humanitaires, etc. – de venir constater sur place l’étendue de leurs méfaits.

La députée européenne de la France insoumise, Rima Hassan, a été entendue par la Brigade de répression de la délinquance aux personnes pendant près de onze heures et demie sans pause. Elle a été sommée de s’expliquer sur des tweets de soutien à la cause palestinienne. Elle doit encore être auditionnée pour quatre affaires ayant également trait à son soutien à la Palestine. Rima Hassan, une avocate franco-palestinienne, est depuis de longs mois la cible de toute une partie de la classe politique qui soutient Netanyahou et ses guerres à Gaza et en Cisjordanie. Mais elle n’est pas la seule dans ce cas. De nombreux militants politiques et syndicaux sont eux aussi poursuivis pour apologie du terrorisme du fait qu’ils défendent les Palestiniens. Par contre, parmi tous les politiciens qui sont corps et âme derrière l’offensive militaire sioniste, aucun n’a été inquiété pour apologie de crimes de guerre et de crimes contre l’humanité. Un choix délibéré.

Soutenus par leur syndicat, la CGT, les dockers du port de Fos-sur-Mer, ont retardé les opérations d’accostage d’un navire, le Nexoe, de l’armateur danois Maersk. Le bâtiment, sous pavillon hongkongais, était en transit vers Tanger, au Maroc, où il devait charger des composants d’avion F-35 du fabricant Lockheed Martin destinés à l’armée israélienne, avant de poursuivre sa route vers le port de Haïfa. Les dockers ont appelé à une mobilisation plus large, incitant les travailleurs portuaires et les syndicats dans d’autres pays, notamment en Espagne, au Maroc et en Turquie, à bloquer l’accostage des navires Maersk spécialisés dans le transport de matériel de guerre à destination d’Israël.

« Aucune aide humanitaire n’entrera à Gaza », vient de déclarer le ministre israélien de la Défense, Israël Katz, ajoutant qu’il n’y avait « aucun préparatif en ce sens ». L’État sioniste bloque l’entrée de l’aide humanitaire depuis le 2 mars dans le territoire palestinien, où l’ONU observe une situation alarmante pour les 2,4 millions d’habitants et note que l’on connait « probablement la pire situation humanitaire » depuis le début de la guerre. Outre qu’ils sont bombardés en permanence, les Gazaouis souffrent d’une pénurie de nourriture, d’eau, de carburant, de médicaments et d’autres produits de première nécessité. Comme le note l’ONG Médecins sans frontières : « Gaza est devenue une fosse commune pour les Palestiniens et ceux qui leur viennent en aide. »

Les principales organisations de défense des journalistes et de la liberté de la presse (SNJ, CGT, CFDT, Reporters sans frontières, Fédération internationale des journalistes, etc.) appellent les professionnels des médias à se rassembler aujourd’hui 16 avril à 18 heures, sur les marches de l’Opéra Bastille, en soutien à leurs confrères et consœurs de Palestine. Et de rappeler à cette occasion qu’en un an et demi de guerre à Gaza près de 200 journalistes et autres collaborateurs des médias ont été tués par des opérations menées par l’armée israélienne alors même qu’ils portaient un casque et un gilet pare-balle floqués du mot « PRESS » qui les identifiaient clairement. Aucun responsable de ces assassinats n’a été traduit en justice. Parmi les slogans retenus pour cette manifestation : « Gaza Stop au massacre des journalistes palestiniens », « Halte à l’impunité des auteurs de ces crimes », « Ouverture immédiate de ce territoire à la presse internationale ».