Nos vies valent plus que leurs profits

Palestine

À la conférence internationale de soutien au Liban, qui a lieu à Paris, Macron a annoncé l’octroi d’aides financières au pays touché par des attaques israéliennes d’un montant de 800 millions de dollars et 200 millions supplémentaires pour les forces armées. Il a profité de l’occasion pour exiger « que le Hezbollah cesse ses […] frappes indiscriminées contre Israël ». Par contre il n’a rien exigé du tout de l’État sioniste, responsable de milliers de morts et d’un million de personnes déplacées au pays du Cèdre, se contentant de « regretter qu’Israël continue des opérations militaires ». Quant aux attaques contre la force de l’ONU (Finul), il a redit que « rien ne justifie que les Casques bleus fassent l’objet de quelque attaque que ce soit », sans citer les attaquants, les forces armées israéliennes. On a connu condamnation plus ferme. Une façon de laisser les mains libres à Netanyahou pour continuer ses massacres et ses destructions.

On vient d’apprendre, selon un communiqué officiel, que « le président de la République français Emmanuel Macron s’est entretenu par téléphone avec le Premier ministre israélien, M. Benyamin Netanyahou, ce lundi 21 octobre 2024. Lors de cet échange, le président de la République a tout d’abord exprimé sa solidarité au Premier ministre israélien suite à l’attaque de drones inacceptable qui a visé son domicile personnel ». On croit rêver. Alors que le Premier ministre israélien non seulement a fait assassiner en masse des Palestiniens et des Libanais, mais aussi détruit des dizaines de milliers d’habitations, d’écoles, et d’hôpitaux à Gaza, en Cisjordanie et au Liban, le locataire de l’Élysée le réconforte et lui fait part de sa solidarité pour les dommages qu’a subis sa résidence secondaire. Tant de morgue et de manque d’empathie donnent envie de vomir…

À l’issue d’une réunion à Berlin, le chancelier allemand Olaf Scholz, le Premier ministre britannique Keir Starmer, le président américain Joe Biden et Emmanuel Macron ont appelé à mettre fin à la guerre à Gaza, suite à la mort du chef du Hamas, Yahya Sinouar. Ils ont souligné « la nécessité immédiate de ramener les otages (israéliens) dans leurs familles, de cesser la guerre à Gaza et de garantir que l’aide humanitaire atteigne les civils ». En laissant tout cela au bon vouloir de Netanyahou que Biden avait d’ailleurs tenu à féliciter au téléphone après l’assassinat de Sinouar. En fait ils font tous mine de s’apitoyer sur les victimes et de vouloir réfréner les ardeurs meurtrières de l’État sioniste tout en continuant à le soutenir militairement et économiquement. Une hypocrisie qui ne trompe plus grand monde.

Emmanuel Macron a décidé de réunir à Paris le 24 octobre une conférence internationale consacrée au Liban. Selon le ministère des Affaires étrangères, seront présents les États partenaires du Liban, les Nations unies, l’Union européenne et « les organisations internationales, régionales et de la société civile ». Que du beau linge ! Mais pourquoi faire ? Officiellement pour « mobiliser la communauté internationale pour répondre aux besoins de protection, aide, secours d’urgence de la population du Liban et d’identifier les voies d’un soutien aux institutions du Liban, en particulier des forces armées libanaises, garantes de la stabilité interne du pays ». En fait, on va sans doute demander aux participants de mettre la main à la poche pour aider la population à reconstruire maisons, écoles, hôpitaux détruits par l’armée israélienne, et venir en aide à l’armée libanaise plus connue pour ses exactions durant la guerre civile que pour ses exploits militaires. Et tout cela sans condamner clairement et sans équivoque la politique de l’État sioniste responsable de 2 000 morts, depuis septembre, d’un million de déplacés et de destructions sans nombre. Pourtant, la meilleure façon de venir en aide à la population libanaise serait de cesser toute aide militaire et économique à Israël. Mais pour Macron et ses amis il n’en est pas question.

Réunies au Parlement européen à l’invitation d’euro-députés, 22 organisations juives de 16 pays ont décidé d’unifier leurs efforts en créant un collectif dénommé « Les Juifs d’Europe pour la Palestine ». La particularité de ce regroupement est d’être formé d’organisations qui non seulement s’affirment solidaires de peuple palestinien et condamnent la politique colonialiste de l’État d’Israël mais, de plus, s’attaquent à l’idéologie sioniste qu’elles accusent de tromper le peuple juif et de parler abusivement en son nom. Dans son discours inaugural, Éléonore Merza Bronstein, de l’Alliance anti-sioniste juive de Belgique, a souligné les conditions de plus en plus difficiles dans lesquelles évoluent les militants anti-sionistes en Israël. Elle a aussi rappelé que si les États-Unis étaient le premier fournisseur d’armes à l’État sioniste, l’Union européenne restait son principal partenaire commercial. Mais ni l’un, ni l’autre – au-delà des vœux pieux et des déclarations sans lendemain – ne veulent cesser de le soutenir. En ce sens ils sont complices des massacres en cours à Gaza, au Liban et en Cisjordanie.