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Palestine

L’État d’Israël a encore annexé une partie de la Cisjordanie, territoire en principe palestinien mais occupé par Israël depuis 1967. Le ministre qui administre ces territoires a requalifié une zone protégée en terres « d’État », autrement dit ouvertes à la création de nouvelles colonies israéliennes, au mépris du droit international. Ses protecteurs occidentaux protestent pour la forme, mais ils le laissent faire. Et voilà comment depuis le processus de paix de 1993, les colons israéliens de Cisjordanie ont vu leur nombre multiplié par au moins quatre…

L’offensive israélienne continue à Gaza, où le nombre de morts civils ne cesse d’augmenter alors qu’en Cisjordanie l’armée sioniste a blessé six personnes dans le camp de réfugiés de Balata, près de Naplouse, et tué six autres à Jénine. Dans le même temps, des colons juifs ont incendié des champs et des oliveraies appartenant à des Palestiniens près du village de Turmus Ayya. Dans ce contexte mortifère, le ministre du Patrimoine du gouvernement Netanyahou, l’ultra-nationaliste Amihai Eliyahu, a retweeté un message sur les réseaux sociaux promouvant la vente de tee-shirts appelant à la ré-occupation de la péninsule du Sinaï, plus de quarante ans après qu’Israël a restitué le territoire à l’Égypte dans le cadre du traité de paix de1979. Sur le vêtement en question est imprimée une carte d’Israël englobant la Cisjordanie, Gaza et le Sinaï avec le slogan « Occupation Now » (« l’occupation maintenant »). De plus le ministre renvoie également vers un site web qui préconise l’annexion du Sud-Liban et de la Jordanie. Un reflet de l’atmosphère délétère qui existe au sein de l’État sioniste et de la folie annexionniste de ses dirigeants.

Un total « sans précédent » de 51 arrestations de journalistes en Palestine occupée a été documenté par le Comité pour la protection des journalistes (CPJ) depuis le début de l’assaut israélien sur la bande de Gaza, vient de déclarer l’ONG de défense des droits de la presse. Le CPJ précise que les arrestations ont eu lieu à Gaza, en Cisjordanie et à Jérusalem-Est, 48 journalistes étant détenus par Israël et trois par les autorités palestiniennes. Quinze des journalistes, y compris ceux détenus par les autorités palestiniennes, ont été libérés, tandis que 36 sont toujours détenus par l’État sioniste. En outre, 15 des personnes arrêtées par Israël sont maintenues en détention administrative sans inculpation. Cette forme de détention peut durer plusieurs années. Cependant, le nombre de journalistes palestiniens dans les prisons israéliennes est probablement plus élevé que ce que le CPJ a documenté, en raison de la difficulté croissante d’acquérir et de vérifier des données en temps de guerre. En 2023, le CPJ avait signalé l’emprisonnement de 17 journalistes palestiniens par les autorités israéliennes, affirmant qu’il s’agissait du nombre le plus élevé d’arrestations de médias en Israël et dans les territoires palestiniens depuis que le CPJ effectue ce décompte, soit 1992. Depuis l’an dernier ce chiffre a été multiplié par trois.

Pendant la guerre de Gaza, la colonisation de la Cisjordanie s’amplfie. Le ministre israélien des Finances, Bezalel Smotrich, a annoncé la légalisation de cinq nouveaux avant-postes sur le territoire palestinien, qu’il considère comme « partie intégrante d’Israël ». Appartenant à l’extrême droite raciste et suprémaciste, Smotrich milite pour l’annexion pure et simple de la Cisjordanie et l’expulsion des Palestiniens mais aussi la recolonisation de Gaza par des colons juifs. Le « Conseil suprême du Plan israélien », un organisme officiel, discute aussi des projets de construction de 6 016 logements dans des dizaines de colonies de Cisjordanie. Le mouvement pacifiste israélien « La Paix maintenant » a protesté contre ces nouvelles annexions qui devraient être suivies de nombreuses autres.

Le député arabe Ahmad Tibi, à la tête du parti Ta’al, a dénoncé la véritable chasse aux sorcières dont sont victimes les Arabes israéliens depuis le début de la guerre. « Après le 7 octobre, des centaines de citoyens arabes ont été traqués par la police israélienne pour avoir écrit une publication compatissant avec les enfants de Gaza ou disant non à la guerre », a-t-il déclaré à l’Agence France-Presse. Les Arabes israéliens représentent environ 20 % de la population et se considèrent généralement comme des Palestiniens. Descendants de la population arabe de la Palestine du mandat britannique et s’étant retrouvés en territoire israélien après la création d’Israël en 1948, ils sont fréquemment victimes de discrimination de la part des autorités. Le ministre de la Sécurité nationale, Itamar Ben Gvir, membre de l’extrême droite nationaliste religieuse, condamné en 2007 pour soutien à un groupe terroriste et incitation au racisme, a accusé Tibi d’être un « terroriste », appelant à ce qu’il soit expulsé du Parlement pour ses déclarations pro-palestiniennes. Entre le 7 octobre et le 27 mars, la police a arrêté 590 Arabes et 13 Juifs, pour des infractions liées à des propos considérés comme relevant de l’« apologie du terrorisme », d’après l’organisation Adalah de défense des droits de la minorité arabe.

À l’occasion de la visite à Washington du ministre israélien de la Défense, Yoav Gallant, pour rencontrer son homologue américain, Lloyd Austin, il a été confirmé que les États-Unis avaient envoyé à Israël des armes pour une valeur totale de plus de 6,5 milliards de dollars (plus de 6 milliards d’euros) depuis le 7 octobre, dont 3 milliards de dollars (2,8 milliards d’euros) rien qu’en mai. Des livraisons d’armes régulières sans lesquelles l’État sioniste serait incapable de continuer ses massacres à Gaza.

Le consortium de médias Forbidden Stories (Histoires interdites) a mené une enquête, dénommée The Gaza Project (Le projet Gaza), sur la façon dont les journalistes ont été tués, blessés ou menacés depuis le 7 octobre 2023. Elle s’appuie sur des photos et vidéos, des analyses sonores et des images satellites. Cinquante journalistes de 13 médias – parmi lesquelles Radio France, Le Monde, The Guardian ou Der Spiegel – ont enquêté pendant quatre mois sur le sort des journalistes dans cette guerre. À la date du 11 juin, plus de 100 ont été tués après huit mois de combats d’après le Comité pour la protection des journalistes, basé aux États-Unis. Il n’y a jamais eu autant de journalistes tués dans un conflit depuis le premier recensement de l’association en 1992. D’après l’enquête de Forbidden Stories, huit bâtiments de presse ont été partiellement ou entièrement détruits, parmi lesquels la Maison de la presse Palestine dans la ville de Gaza, dont les coordonnées précises avaient été communiquées à l’armée israélienne au même titre que le bâtiment abritant l’Agence France presse touché le 2 novembre. Contactée par les différents médias l’armée israélienne a refusé de donner des éclaircissements sur son attitude par rapport aux journalites. Elle invoque parfois des dommages collatéraux lorsqu’elle n’accuse pas ouvertement les journalistes de complicité avec le Hamas. Comme dirait Netanyahou : « Notre armée est la plus morale du monde. » Qu’est-ce que cela serait si ce n’était pas le cas !

Amichai Chikli est le ministre de la Diaspora dans le gouvernement Netanyahou. À ce titre il s’occupe des relations avec les communautés juives du reste du monde. Il vient de féliciter publiquement Jordan Bardella, le président du Rassemblement national, qui dans un de ses discours, a qualifié la solution à deux États (un palestinien et l’autre israélien) de « dépassée » et a poursuivi que la création d’un État palestinien « serait une prime au terrorisme ». Et Chikli d’ajouter qu’il avait « d’excellents contacts » avec le parti de Marine Le Pen. Une façon comme une autre d’inviter les Juifs d’ici à voter pour lui. Au-delà de la Méditerranée, les extrêmes droites se serrent les coudes.