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Palestine

À l’occasion de la « Journée des prisonniers », des rassemblements ont eu lieu dans les grandes villes du territoire, notamment à Hébron, Jéricho, Naplouse et Ramallah. Cette journée résonne particulièrement cette année après l’arrestation de milliers de personnes supplémentaires ces derniers mois. Selon le Club des prisonniers, le nombre de détenus est passé à plus de 9 000 aujourd’hui, contre 5 200 avant le 7 octobre, jour de l’attaque du Hamas en Israël. Sur ce nombre, plus d’un millier sont incarcérés en « détention administrative », un régime permettant à Israël d’incarcérer des personnes sans qu’aucune charge ne soit retenue contre elles. Depuis le début de la guerre à Gaza, les autorités pénitentiaires israéliennes ont annoncé « l’état d’urgence en prison », qui s’est traduit par un durcissement des conditions de détention, dont la fin des visites au parloir. Ce n’est pas la première fois, ni, sans aucun doute, la dernière, que les autorités sionistes violent grossièrement les droits élémentaires des prisonniers palestiniens.

La Cour suprême a ordonné l’expulsion de 35 Palestiniens de leurs maisons – situées dans les quartiers de Silwad et de Sheihk Jarrah – qui ont été attribuées à des membres de groupes d’extrême droite qui militent pour la « judaïsation » de la ville et l’expulsion de ses habitants arabes. Pour ce faire, la Cour s’est appuyée sur une législation datant de 1950 et qui autorise la confiscation de toute propriété ayant appartenu à des réfugiés palestiniens qui ont fui le pays lors de la guerre de 1948. Une législation raciste dans toute sa splendeur.

À l’initiative de l’association « Libre Palestine » Jean-Luc Mélenchon et l’avocate franco-palestinienne Rima Hassan, (en septième position sur la liste LFI aux élections européennes) doivent tenir une conférence sur la situation en Palestine ce jeudi à l’université de Lille. Ce qui a provoqué une supposée indignation d’élus Renaissance, Horizons, Les Républicains et Rassemblement national qui demandent purement et simplement son annulation à l’exemple de ce qui s’est passé récemment à l’université de Rennes et à Sciences Po Bordeaux. Interdire toute voix en faveur de la Palestine, en accusant en plus d’antisémitisme et de discours haineux ceux qui soutiennent le peuple palestinien, est devenue ces derniers mois une pratique courante de la droite, toutes tendances confondues, et du gouvernement alors que nombre de partis de gauche s’abstiennent de protester. Plus que jamais il faut se mobiliser pour défendre la liberté d’expression.

Le gouvernement et la presse allemande ont beau verser quelques larmes face au massacre du peuple palestinien, ils soutiennent pourtant toujours l’État israélien et criminalisent la dénonciation de la colonisation en Palestine. C’est pourquoi, après que les médias ont présenté comme un rassemblement d’antisémites une conférence pour la Palestine qui réunissait durant trois jours plusieurs centaines de participants, la police, bras armé des marchands de canons, s’est permise d’interrompre l’événement et d’arrêter de nombreux participants, parmi lesquels des Juifs qui refusent qu’un génocide soit commis en leur nom. Malgré nos désaccords avec les organisations à l’initiative de cette conférence, tout notre soutien va aux militants et militantes victimes de cette répression.

Courrier international a réalisé une interview de Meron Rapaport, rédacteur en chef du site israélien Local Call qui, avec son équipe et celle d’un autre média, 972 Magazine, a enquêté sur le système d’intelligence artificielle Lavender (Lavande) utilisé par l’armée israélienne à Gaza et qui est censé cibler les seuls militants du Hamas en épargnant la population civile. Il en a désigné en théorie 37 000 depuis le début de la guerre. Mais Rapaport d’expliquer : « Au lieu de viser des cibles légitimes, l’armée a frappé tous ceux que la machine trouvait chez eux, à leur domicile, faisant au moins, pour le moindre combattant du Hamas, 15 ou 20 victimes collatérales innocentes. Ce qui signifie que non seulement elle n’atteint pas son objectif militaire, mais qu’en plus elle a causé cette atroce crise humanitaire que vit aujourd’hui Gaza. » Et de révéler que « la partie vérification humaine, qui doit s’assurer que la personne visée est la bonne, a été réduite à vingt secondes dans certains cas si bien que les soldats chargés de cette vérification avaient le sentiment de devoir simplement entériner le choix de la machine ». En quelque sorte un génocide high tech.

L’écrivain palestinien Walid Daqqa vient de décéder en détention après avoir passé 38 ans dans les prisons israéliennes, « lieu sans portes » comme il l’écrivait. Atteint du cancer de la moelle osseuse, il a été « torturé, humilié, privé de visites familiales et de soins médicaux » dénonçait Amnesty International quelques semaines avant sa mort. Walid Daqqa avait purgé sa peine de 37 ans en 2023 mais un tribunal l’avait condamné à deux ans de prison supplémentaires. Il était l’auteur de plusieurs romans comme Témoignages de résistance : La bataille du camp de Jénine 2002 (2004), La conscience façonnée ou la ré-identification de la torture (2010), mais aussi de contes pour enfants, notamment L’histoire secrète de l’huile (2018), Le conte secret de l’épée (2021) ou encore Le conte secret de l’esprit – Le retour des martyrs à Ramallah (2022). Lors de la publication de son dernier livre pour enfants, Le secret du pétrole, Daqqa avait été placé en isolement. Un supplice sans fin qu’il a enduré jusqu’au bout avec un grand courage.

Une manifestation a eu lieu devant le palais du Luxembourg pour protester contre la visite d’Amir Ohana, le président de la Knesset, le parlement israélien. Il a été reçu par le président du Sénat, Gérard Larcher, avant d’être auditionné par la commission des Affaires étrangères. Proche de Benyamin Netanyahou, Ohana, 48 ans, a passé six ans dans l’armée israélienne avant de rejoindre le Shin Bet, le service de renseignement intérieur spécialisé dans la chasse aux Palestiniens. Comme ministre de la Sécurité publique, il interdit en 2020 la vaccination des détenus palestiniens contre le Covid, avant de faire marche arrière suite au tollé suscité par cette mesure. En 2021 il fait libérer des Israéliens qui avaient assassiné un Palestinien et congratulait un policier qui avait abattu un handicapé mental arabe. Une autre de ses œuvres : essayer de chasser de la Knesset les rares députés qui s’opposent à l’opération milliaire à Gaza. Une belle crapule reçue avec les honneurs par la République française.