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Palestine

Au nom des macronistes, Sylvain Maillard, le président du groupe Renaissance à l’Assemblée nationale a, une fois de plus, accusé La France insoumise de courtiser « l’électorat antisémite » à travers la candidature, en septième position sur sa liste aux élections européennes, de la militante franco-palestinienne Rima Hassan. Née dans un camp de réfugiés en Syrie et arrivée en France à l’âge de 10 ans, Rima Hassan a été naturalisée à sa majorité. Juriste en droit international, elle a travaillé à la Cour nationale du droit d’asile. Elle a créé le collectif Action France Palestine et fondé l’Observatoire des camps de réfugiés en 2019. Pas une seule de ses déclarations n’est antisémite. Elle se prononce pour la création sur l’ensemble de la Palestine d’un État binational judéo-arabe. Ce qui amène ses détracteurs à déformer sa position en l’accusant de vouloir détruire Israël pour rejeter les Juifs à la mer. Cette mauvaise foi – qui dégage des relents de racisme anti-arabe et anti-palestinien – ne peut que combler d’aise les défenseurs inconditionnels de l’action de l’armée israélienne à Gaza.

La visite à Washington de Benny Gantz, ex-chef d’état-major et influent membre du cabinet de guerre, a mis le feu aux poudres. « Il n’y a qu’un seul Premier ministre et c’est moi », s’est ainsi emporté le Premier ministre israélien à l’annonce du voyage vers les États-Unis de son principal rival politique mais aussi partenaire de guerre. Lors de cette visite, Benny Gantz a, de fait, coupé l’herbe sous le pied à Benyamin Netanyahou en rencontrant des hauts fonctionnaires, dont la vice-présidente américaine Kamala Harris, et le conseiller à la sécurité nationale Jake Sullivan, afin de discuter de la stratégie d’Israël à Gaza… sans le Premier ministre. Le leader centriste, chef du parti de l’Union nationale, s’est aussi attiré les foudres de nombreux ministres du Likoud, le parti de droite de Netanyahou. « Il agit derrière le dos du Premier ministre », a dénoncé Miri Regev, la ministre des Transports, qualifiant ce déplacement de « subversif ». En fait, Gantz, qui jusqu’à présent a assumé pleinement les massacres des Palestiniens, tente de jouer sur les divergences entre Biden et Netanyahou, en ce qui concerne notamment l’après-guerre et le futur de la bande de Gaza, pour apparaître comme une alternative « raisonnable » au Premier ministre actuel et éventuellement le remplacer. Ce qui ne changera rien au sort des Palestiniens.

L’Association des universitaires pour le respect du droit international en Palestine a publié une interview de Sofia Orr, objectrice de conscience de 18 ans, qui explique pourquoi elle s’en est toujours tenue à sa décision, malgré la répression exercée en Israël contre ceux qui s’opposent à la guerre. Elle s’était présentée fin février au centre de recrutement de Tel Hashomer, près de Tel Aviv, entourée de supporters venus lui manifester son soutien. Elle y a déclaré son refus d’effectuer son service militaire, afin de protester contre la guerre menée par Israël à Gaza et l’occupation permanente de la Cisjordanie. « Les gens disent que je suis naïve et antisémite – que je suis une traître », déclare-t-elle, bien décidé malgré tout à continuer son combat. « L’atmosphère actuelle est beaucoup plus violente contre mes convictions, donc évidemment j’ai encore plus peur, mais je pense qu’exprimer une voix de résistance est en ce moment ce qu’il y a de plus important » avait-elle confié. Elle a été condamnée à une peine initiale de 20 jours de détention dans la prison militaire de Neve Tzedek, qui sera prolongée si elle persiste dans son refus de s’enrôler. Sofia Orr est la seconde jeune israélienne à refuser publiquement la conscription pour des raisons politiques, après Tal Mitnick en décembre dernier.

L’élection partielle de Rochdale, une ville du nord-ouest de l’Angleterre non loin de Manchester, s’est transformée en un référendum pour ou contre les Palestiniens. En effet, le vainqueur de cette compétition électorale, George Galloway, du Parti des travailleurs de Grande-Bretagne, l’a emporté avec plus de 12 000 voix laissant loin derrière les autres candidats. Galloway avait entièrement centré sa campagne sur la solidarité avec les Gazouis et la dénonciation de l’agression israélienne. Quelques jours avant le scrutin, le candidat officiel travailliste, Azhar Ali, avait été suspendu par le dirigeant du parti, Keir Starmer, qui lui reprochait ses critiques à l’égard d’Israël, qualifiées en la circonstance de « complotistes ». Il faut dire que Starmer rivalise d’ardeur avec le Premier ministre conservateur, Rishi Sunak, dans son soutien à l’État sioniste. Cependant Galloway est loin de représenter une véritable alternative de gauche au Labour. En effet il a fait du maintien de l’ordre et de la défense de la famille traditionnelle ses chevaux de bataille. Comme Starmer.

Dans le nord du territoire menacé de famine, au moins 110 personnes ont été tuées et 760 autres blessées près d’un hôpital après des tirs israéliens en direction de Palestiniens se ruant sur des camions d’aide humanitaire. L’armée israélienne a refusé, dans un premier temps, de commenter ces informations avant d’affirmer que les victimes étaient surtout dues à des mouvements de foule… tout en reconnaissant que certains de ses soldats avaient ouvert le feu, car ils s’étaient sentis « menacés ». Bien piètre excuse pour justifier un nouveau massacre de civils désarmés. Le dernier bilan de cette sale guerre fait état de plus de 30 000 personnes tuées.

Si Biden a remporté, comme prévu, la primaire démocrate dans l’État du Michigan, 50 000 électeurs de son parti ont fait l’effort de se rendre dans les bureaux de vote pour mettre un bulletin « vote uncommited » (c’est-à-dire blanc) dans les urnes. Cela était le résultat d’une campagne de communication intitulée « Listen to Michigan » (« Écoutez le Michigan ») lancée par des militants opposés au soutien apporté à Washington à Israël dans la guerre de Gaza. Ils espéraient influencer 10 000 électeurs, ils ont réussi à en mobiliser cinq fois plus. Un avertissement pour Biden dans un État où vit une importante population musulmane et arabe. Et ce résultat, s’il ne sera bien sûr pas suffisant pour le contraindre à changer de cap, ne peut qu’encourager tous ceux et toutes celles qui aux États-Unis combattent la politique pro-sioniste de Biden et soutiennent le peuple palestinien.

C’est Mediapart qui le révèle. Après une campagne du Rassemblement national, le président de la région Provence-Alpes-Côte-d’Azur, le macroniste Renaud Muselier (Renaissance), a brutalement retiré ses promesses de subvention à deux films traitant de la question palestinienne. L’un, Vacances en Palestine, est produit par le cinéaste israélien Eyal Sivan et l’autre traite de la question des Bédouins chassés de chez eux en Cisjordanie. Pour la droite et l’extrême droite tous les moyens sont bons pour affirmer son soutien à la politique criminelle de l’État sioniste.