Nos vies valent plus que leurs profits

Palestine

200 manifestants ont bloqué le départ du porte-containers le « Volans » un navire de ravitaillement militaire destiné à livrer des armes à l’État hébreu. Il appartient à la compagnie maritime israélienne Zim. Les manifestants avaient été prévenus par des dockers et des membres de l’équipage. « L’objectif est d’amener les travailleurs des navires à se solidariser avec le mouvement anti-armes », a indiqué une manifestante, Becca Lewis. Le bateau a repris la mer plus tard dans la journée, vide, après que des ouvriers de la section 10 du syndicat des dockers « International Longshore and Warehouse Union » ont refusé de prendre en charge la cargaison du navire et de franchir la ligne formée par les manifestants.

Noussair Mazraoui, 25 ans, joueur marocain du Bayern Munich, se retrouve au cœur d’une polémique judiciaire. Il est en effet visé par une plainte déposée par Volker Beck, membre éminent et ancien député du parti des Verts, président de l’Association germano-israélienne et de l’institut Tikvah (Espérance). Ce dernier lui reproche ses déclarations exprimant un soutien à « nos frères opprimés de Palestine » que Beck assimile, en toute mauvaise foi, à « une approbation de crimes contre l’humanité ». Une façon, parmi d’autres, de criminaliser le soutien aux Palestiniens.

Cela fait maintenant une semaine que le porte-hélicoptères français, le Tonnerre, est positionné au large de Gaza. Le deuxième plus gros bateau de la marine de guerre après le Charles-de-Gaulle, doit participer à des opérations de secours pour les populations civiles du territoire palestinien, et plus particulièrement de servir aux évacuations sanitaires des victimes du conflit. Mais pour le moment, ce navire qu’Emmanuel Macon a présenté comme à même de « soutenir les hôpitaux de Gaza », n’accueille aucun patient. Et il ne pourrait accueillir au final que deux blessés très graves et deux blessés graves selon le commandant qui dirige le bâtiment. Et pour cause. Car si celui-ci est équipé d’une soixantaine de lits et de deux blocs opératoires, il n’a pas le personnel médical adéquat, ce qui montre l’état lamentable du service de santé des armées, dénoncé il y a quelques semaines par Le Canard enchaîné. Qu’importe. En voyage au Liban le ministre des Armées, Sénastien Lecornu, a annoncé l’envoi sur zone à la mi-novembre d’un second bâtiment, le Dixmude, qui servira de navire-hôpital… une fois qu’il sera transformé et équipé. Ce qui n’est toujours pas le cas. Macron s’agite pour faire croire qu’il est (un peu) partie prenante du conflit alors qu’il a été mis hors jeu dès le début par les différents protagonistes, et en premier lieu les États-Unis.

Le secrétaire d’État américain, Antony Blinken, a affirmé à Tel-Aviv que « le seul moyen d’assurer » la sécurité d’Israël était de créer un État palestinien. « La meilleure voie, peut-être même la seule, est celle de deux États pour deux peuples », a déclaré le chef de la diplomatie américaine. Et de poursuivre : « C’est le seul moyen d’assurer une sécurité durable » à Israël et « la seule façon de garantir que les Palestiniens réalisent leurs aspirations légitimes à un État qui leur soit propre. » C’est ce qu’on appelle se moquer du monde. Depuis des décennies, les puissances occidentales, Washington en tête, ont toujours appuyé inconditionnellement l’État sioniste dans sa guerre contre le peuple palestinien, justifiant ou fermant les yeux sur sa colonisation sauvage de la Cisjordanie, son annexion forcée de Jérusalem-Est, son blocus de Gaza et sa répression féroce contre les populations civiles. Mais elles ressortent régulièrement la vieille antienne de deux États vivant pacifiquement côte à côte, alors même qu’Israël par sa politique expansionniste et suprémaciste, que les États impérialistes, dont la France, ont cautionné, a rendu cette solution impossible. Ce qui n’empêche pas Biden et Blinken de continuer à amuser la galerie.

Le Salon du livre de Francfort, en Allemagne, s’est retrouvé au cœur d’une controverse à la suite du report de la remise d’un prix à Adania Shibli, une autrice palestinienne, en raison de la guerre entre Israël et le Hamas. Elle devait recevoir ce prix, le « LiBeraturpreis », pour son roman, Un détail mineur, qui revient sur un viol et un meurtre perpétrés par des soldats israéliens en 1949 sur une jeune Bédouine. Les organisateurs ont décidé de repousser cette année la cérémonie de remise du prix « en raison de la guerre déclenchée par le Hamas », tout en cherchant « un format et un cadre appropriés pour l’événement à un moment ultérieur ». Plus de six cents personnes du monde de la littérature et de l’édition, dont plusieurs prix Nobel, ont publié une lettre ouverte de protestation contre cette décision discriminatoire.

En réponse à un appel des syndicats palestiniens aux travailleurs du monde entier de « s’opposer à la production et l’acheminement d’armes vers Israël », plusieurs syndicats du secteur de la manutention – CNE, UBT, Setca et Transcom – ont, dans un communiqué, exprimé leur « refus de manutentionner du matériel militaire destiné à la guerre en Palestine ». Dénonçant un « génocide en cours en Palestine ». Ils appellent également à un « cessez-le-feu immédiat ».