Nos vies valent plus que leurs profits

Palestine

Quelque 18 500 Gazaouis étaient détenteurs d’un permis de travail en Israël lors de l’attaque du Hamas le 7 octobre. Dès le déclenchement des hostilités ils ont été arrêtés et emprisonnés. Israël a commencé à en libérer des milliers qui étaient retenus en Israël et en Cisjordanie. Ils ont été renvoyés à Gaza sous les bombes. Le groupe de journalistes « Les Observateurs » de France 24 a pu obtenir des témoignages de certains d’entre eux. Ils accusent des soldats israéliens de les avoir humiliés, menottés et passés à tabac. Le quotidien israélien Haaretz rapportait de son côté : « Selon l’un des détenus, relâché depuis, ils ont été placés en plein soleil, sans nourriture, pendant deux jours, les yeux bandés et les mains attachées. Des milliers d’entre eux ont ensuite été transférés dans des installations surpeuplées ressemblant à des cages et y ont été retenus alors que la plupart n’étaient suspectés d’aucun méfait. » Finalement, beaucoup ont été déposés par des bus près de la bande de Gaza et ont dû marcher vers la pointe sud du territoire, en empruntant le point de passage de Kerem Shalom, le tout sous les bombes et la mitraille israéliennes. Car c’est bien à toute une population, et en l’occurrence des travailleurs, qu’Israël fait la guerre.

200 manifestants ont bloqué le départ du porte-containers le « Volans » un navire de ravitaillement militaire destiné à livrer des armes à l’État hébreu. Il appartient à la compagnie maritime israélienne Zim. Les manifestants avaient été prévenus par des dockers et des membres de l’équipage. « L’objectif est d’amener les travailleurs des navires à se solidariser avec le mouvement anti-armes », a indiqué une manifestante, Becca Lewis. Le bateau a repris la mer plus tard dans la journée, vide, après que des ouvriers de la section 10 du syndicat des dockers « International Longshore and Warehouse Union » ont refusé de prendre en charge la cargaison du navire et de franchir la ligne formée par les manifestants.

Noussair Mazraoui, 25 ans, joueur marocain du Bayern Munich, se retrouve au cœur d’une polémique judiciaire. Il est en effet visé par une plainte déposée par Volker Beck, membre éminent et ancien député du parti des Verts, président de l’Association germano-israélienne et de l’institut Tikvah (Espérance). Ce dernier lui reproche ses déclarations exprimant un soutien à « nos frères opprimés de Palestine » que Beck assimile, en toute mauvaise foi, à « une approbation de crimes contre l’humanité ». Une façon, parmi d’autres, de criminaliser le soutien aux Palestiniens.

Cela fait maintenant une semaine que le porte-hélicoptères français, le Tonnerre, est positionné au large de Gaza. Le deuxième plus gros bateau de la marine de guerre après le Charles-de-Gaulle, doit participer à des opérations de secours pour les populations civiles du territoire palestinien, et plus particulièrement de servir aux évacuations sanitaires des victimes du conflit. Mais pour le moment, ce navire qu’Emmanuel Macon a présenté comme à même de « soutenir les hôpitaux de Gaza », n’accueille aucun patient. Et il ne pourrait accueillir au final que deux blessés très graves et deux blessés graves selon le commandant qui dirige le bâtiment. Et pour cause. Car si celui-ci est équipé d’une soixantaine de lits et de deux blocs opératoires, il n’a pas le personnel médical adéquat, ce qui montre l’état lamentable du service de santé des armées, dénoncé il y a quelques semaines par Le Canard enchaîné. Qu’importe. En voyage au Liban le ministre des Armées, Sénastien Lecornu, a annoncé l’envoi sur zone à la mi-novembre d’un second bâtiment, le Dixmude, qui servira de navire-hôpital… une fois qu’il sera transformé et équipé. Ce qui n’est toujours pas le cas. Macron s’agite pour faire croire qu’il est (un peu) partie prenante du conflit alors qu’il a été mis hors jeu dès le début par les différents protagonistes, et en premier lieu les États-Unis.