Nos vies valent plus que leurs profits

Palestine

Le mouvement de solidarité avec le peuple palestinien ne faiblit pas. Nous étions des dizaines de milliers en France à manifester ce samedi, mais c’est dans tous les pays du monde qu’on voit ce mouvement s’amplifier, jusqu’aux États-Unis où, de Washington à San Francisco, des dizaines de milliers de manifestants dénonçaient les bombardements de l’armée israélienne, ainsi que le soutien sans faille de Joe Biden à l’État d’Israël. Cette solidarité qui dépasse les frontières est la meilleure alliée du peuple palestinien, ne faiblissons pas.

Aujourd’hui, plus 1000 actes antisémites auraient été enregistrés en trois semaines en France depuis le début du conflit israélo-palestinien. Affirmer sa solidarité avec le peuple palestinien n’a rien à voir avec assimiler tous les Juifs au gouvernement israélien. C’est le sionisme et la politique de l’État d’Israël que nous combattons, dont les bombardements et massacres montrent le visage monstrueux. Et voilà que les chefs de l’extrême droite, descendants idéologiques de Pétain et antisémites notoires, se drapent du manteau de la lutte contre l’antisémitisme ! Tout ça pour déverser de plus belle leur racisme anti-arabe.

Comme toutes les formes de racisme, l’antisémitisme aussi bien que le racisme anti-arabe doivent être combattus, ici et maintenant, et rien de ce qui se passe en Palestine ne peut les justifier. Notre sort ne se décide pas d’une absurde guerre de race ou de religion qui ne fait que dresser les exploités contre d’autres exploités. Travailleurs de toute origine, ici comme au Moyen-Orient, unissons-nous !

Quelque 18 500 Gazaouis étaient détenteurs d’un permis de travail en Israël lors de l’attaque du Hamas le 7 octobre. Dès le déclenchement des hostilités ils ont été arrêtés et emprisonnés. Israël a commencé à en libérer des milliers qui étaient retenus en Israël et en Cisjordanie. Ils ont été renvoyés à Gaza sous les bombes. Le groupe de journalistes « Les Observateurs » de France 24 a pu obtenir des témoignages de certains d’entre eux. Ils accusent des soldats israéliens de les avoir humiliés, menottés et passés à tabac. Le quotidien israélien Haaretz rapportait de son côté : « Selon l’un des détenus, relâché depuis, ils ont été placés en plein soleil, sans nourriture, pendant deux jours, les yeux bandés et les mains attachées. Des milliers d’entre eux ont ensuite été transférés dans des installations surpeuplées ressemblant à des cages et y ont été retenus alors que la plupart n’étaient suspectés d’aucun méfait. » Finalement, beaucoup ont été déposés par des bus près de la bande de Gaza et ont dû marcher vers la pointe sud du territoire, en empruntant le point de passage de Kerem Shalom, le tout sous les bombes et la mitraille israéliennes. Car c’est bien à toute une population, et en l’occurrence des travailleurs, qu’Israël fait la guerre.

200 manifestants ont bloqué le départ du porte-containers le « Volans » un navire de ravitaillement militaire destiné à livrer des armes à l’État hébreu. Il appartient à la compagnie maritime israélienne Zim. Les manifestants avaient été prévenus par des dockers et des membres de l’équipage. « L’objectif est d’amener les travailleurs des navires à se solidariser avec le mouvement anti-armes », a indiqué une manifestante, Becca Lewis. Le bateau a repris la mer plus tard dans la journée, vide, après que des ouvriers de la section 10 du syndicat des dockers « International Longshore and Warehouse Union » ont refusé de prendre en charge la cargaison du navire et de franchir la ligne formée par les manifestants.