Nos vies valent plus que leurs profits

Palestine

Alors que Gaza se meurt sous les bombes, en Cisjordanie occupée les colons continuent d’expulser la population arabe de ses terres. Selon les Nations unies, plus de 500 Bédouins palestiniens ont été chassés de chez eux ces dernières semaines. Ils ont trouvé refuge dans la ville chrétienne de Taybeh. Plusieurs de leurs maisons ont été incendiées par les colons qui ont agi en toute impunité sous l’œil de soldats israéliens qui ont laissé faire. Ces nomades sédentarisés ont dû fuir en quelques heures. Ils ont emporté avec eux leur seule richesse, leur bétail. Certains d’entre eux ont filmé les colons en action et ont transmis ces images à des journalistes, en les postant en outre sur les réseaux sociaux. À Wadi Al-Sik, un Bédouin a montré aux équipes du 20 Heures de France 2 les emplacements des communautés arabes récemment expulsées. Et contre ces violations flagrantes du droit international, on attend toujours les protestations indignées du Quai d’Orsay. Et elles ne sont pas pour demain.

Selon l’ONU, depuis le 7 octobre dernier, 45 % des habitations ont été « détruites ou endommagées » et 1,4 million de personnes déplacées. De son côté l’Unicef estime que plus de 200 établissements scolaires ont été endommagés – soit environ 40 % du total des établissements scolaires de la bande de Gaza – dont une quarantaine très gravement. S’ajoutent à cela 7 000 Palestiniens tués dont quelque 2 900 enfants et plusieurs dizaines de milliers blessés ou disparus. Pendant ce temps, seuls 84 camions d’aide humanitaire ont pu pénétrer dans l’enclave alors que pour répondre aux besoins de la population il en faudrait au moins une centaine par jour. Un massacre qui s’accomplit au grand jour avec l’aide directe des États-Unis, qui ont augmenté leurs livraisons d’armes à l’État sioniste, et indirecte des grandes puissances occidentales qui continuent de fermer les yeux sur ce nouveau génocide.

L’ambassadeur d’Israël à l’ONU, Gilad Erdan, appuyé par Élie Cohen, son ministre des Affaires étrangères, a réclamé la démission d’Antonio Guterres, le secrétaire général de cette organisation, l’accusant d’être « compréhensif face au terrorisme et aux meurtres du Hamas ». En fait un grossier prétexte puisque Guterres a condamné à plusieurs reprises et sans équivoque « les actes terroristes horribles et sans précédent du Hamas ». Mais ce que reproche l’État sioniste à cette personnalité onusienne est d’avoir déclaré : « Je suis profondément inquiet concernant les claires violations du droit international humanitaire que nous voyons à Gaza » en ajoutant que les attaques du Hamas « ne s’étaient pas produites en dehors de tout contexte ». C’est-à-dire, pour être plus clair, qu’elles avaient pour arrière-fond plusieurs décennies d’apartheid, de nettoyage ethnique, de colonisation, de confiscation de terres, de destruction de maisons, de déplacements de population et de crimes contre des civils palestiniens. Une vérité largement documentée que nos dirigeants politiques et autres « amis d’Israël » se refusent pourtant à admettre.