Nos vies valent plus que leurs profits

Palestine

Selon l’ONU, depuis le 7 octobre dernier, 45 % des habitations ont été « détruites ou endommagées » et 1,4 million de personnes déplacées. De son côté l’Unicef estime que plus de 200 établissements scolaires ont été endommagés – soit environ 40 % du total des établissements scolaires de la bande de Gaza – dont une quarantaine très gravement. S’ajoutent à cela 7 000 Palestiniens tués dont quelque 2 900 enfants et plusieurs dizaines de milliers blessés ou disparus. Pendant ce temps, seuls 84 camions d’aide humanitaire ont pu pénétrer dans l’enclave alors que pour répondre aux besoins de la population il en faudrait au moins une centaine par jour. Un massacre qui s’accomplit au grand jour avec l’aide directe des États-Unis, qui ont augmenté leurs livraisons d’armes à l’État sioniste, et indirecte des grandes puissances occidentales qui continuent de fermer les yeux sur ce nouveau génocide.

L’ambassadeur d’Israël à l’ONU, Gilad Erdan, appuyé par Élie Cohen, son ministre des Affaires étrangères, a réclamé la démission d’Antonio Guterres, le secrétaire général de cette organisation, l’accusant d’être « compréhensif face au terrorisme et aux meurtres du Hamas ». En fait un grossier prétexte puisque Guterres a condamné à plusieurs reprises et sans équivoque « les actes terroristes horribles et sans précédent du Hamas ». Mais ce que reproche l’État sioniste à cette personnalité onusienne est d’avoir déclaré : « Je suis profondément inquiet concernant les claires violations du droit international humanitaire que nous voyons à Gaza » en ajoutant que les attaques du Hamas « ne s’étaient pas produites en dehors de tout contexte ». C’est-à-dire, pour être plus clair, qu’elles avaient pour arrière-fond plusieurs décennies d’apartheid, de nettoyage ethnique, de colonisation, de confiscation de terres, de destruction de maisons, de déplacements de population et de crimes contre des civils palestiniens. Une vérité largement documentée que nos dirigeants politiques et autres « amis d’Israël » se refusent pourtant à admettre.

L’actrice arabe israélienne Maisa Abd Elhadi a été arrêtée par la police, puis placée en résidence surveillée, après avoir exprimé son soutien à ses sœurs et frères palestiniens. Résidente dans la ville de Nazareth elle a posté sur son compte Facebook une photo montrant un bulldozer défonçant la clôture qui entoure Gaza avec ce commentaire : « Allons-y, comme à Berlin ! », une référence à la chute du Mur de Berlin en 1989. Pour cela elle a été accusée « d’éloge du terrorisme » et de « discours de haine ». Pourtant, sur le fond, c’est elle qui a raison. Demander l’abolition des murs, des barrières et des frontières est une position on ne peut plus censée qui n’a rien à voir avec le terrorisme.

Nouvel angle d’attaque du Front national, des Républicains et de Reconquête sur le conflit israélo-palestinien ; les aides de l’Union européenne accordées à la Palestine finiraient dans les poches… du Hamas. Et, par ricochet, une partie de nos impôts servirait donc à financer une organisation terroriste. Tout cela sans apporter le début de l’ombre d’une preuve pour étayer cette affirmation. Tour à tour le Quai d’Orsay, les services spécialisés de l’Union européenne et de l’ONU ont rappelé que ces aides étaient étroitement contrôlées notamment… par Israël. Qu’importe. Cela n’empêche pas la droite et l’extrême droite de demander, toute honte bue, l’arrêt de l’aide humanitaire aux Palestiniens. De vrais charognards.