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Palestine

Des milliers de Palestiniens manifestent depuis plusieurs jours en soutien à Gaza, notamment à Ramallah, siège de l’Autorité palestinienne, à Naplouse et à Hébron. Parmi les slogans entendus « Libérez la Palestine » mais aussi « À bas Abbas », « Dégage », « Le peuple veut la chute du président », en référence à Mahmoud Abbas, le président l’Autorité palestinienne auquel ils reprochent sa « coopération sécuritaire » avec Israël. Les forces de sécurité palestiniennes ont tiré des gaz lacrymogènes sur les manifestants alors qu’ils quittaient le centre-ville de Ramallah et des heurts se sont produits dans d’autres villes. Abbas, qui a aujourd’hui 88 ans, s’accroche à son poste depuis 2005 sans jamais avoir été réélu depuis lors mais bénéficie du soutien d’Israël et des régimes arabes.

La militante palestinienne Mariam Abou Daqqa, qui se trouvait en France depuis fin septembre pour une série de 15 conférences sur la situation en Palestine, a été assignée à résidence après son arrestation par la police sur ordre de Darmanin. En conséquence elle a l’obligation de « se maintenir dans les locaux où elle réside à Marseille de 22 heures à 7 heures du matin » et de pointer tous les jours à 12 heures 30 au commissariat. À l’issue de son assignation à résidence elle sera probablement expulsée. En outre la présidente de l’Assemblée nationale, Yaël Braun-Pivert, a interdit sa venue dans l’Hémicycle le 9 novembre alors qu’elle devait s’entretenir avec des parlementaires. Museler les Palestiniens et leurs soutiens est devenu une pratique quotidienne du gouvernement.

Entre 200 et 500 personnes ont trouvé la mort mardi soir dans une frappe israélienne sur l’enceinte de l’hôpital baptiste Ahli-Arab, dans le centre de ville de Gaza. Selon le ministère palestinien de la Santé il y aurait encore, outre les blessés, de nombreuses victimes sous les décombres. L’Organisation mondiale de la santé a déjà recensé « 111 infrastructures médicales ciblées par Israël, 12 cadres soignants tués et 60 ambulances visées ». Les puissances occidentales n’ont pas eu de mots assez durs pour condamner le terrorisme du Hamas, par contre elles semblent s’accommoder sans trop de mal du terrorisme d’État d’Israël. Le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahou, a accusé le Djihad islamique d’être responsable de cette explosion sans convaincre grand monde, y compris ses alliés traditionnels. D’ailleurs mardi soir, Hananya Naftali, ancien membre de l’équipe de communication de Netanyahou, parlait encore d’une frappe israélienne qu’il justifiait par la nécessité de tuer des terroristes réfugiés dans l’hôpital. Il a finalement effacé son tweet, qu’il a remplacé par la version officielle israélienne. Certains médias français, telle la chaîne LCI, tentent d’accréditer cette version israélienne à l’aide de photos et de films impossibles à interpréter pour leurs spectateurs. Biden, en visite à Tel Aviv, a lui aussi déclaré qu’il croyait à cette thèse et qu’il apportait tout son soutien à l’État d’Israèl. Mais cet abominable massacre a soulevé la colère dans de nombreux pays. Manifestons nous aussi par tous les moyens possibles pour arrêter les assassins !

Ce n’est pas une vidéo bidonnée publiée sur un site favorable au Hamas. Elle a été postée sur le compte X officiel de l’armée israélienne accompagnée d’un commentaire en hébreu. Elle montre des soldats israéliens tirant sur quatre hommes désarmés et qui avaient les mains levées en signe de reddition, l’un deux arborant un drapeau blanc. Les Forces de défense israéliennes ont affirmé qu’il s’agissait d’une opération visant à « éliminer… quatre terroristes armés » menée par les hommes du 17e bataillon. L’incident s’est produit près de la plage de Zikim, en territoire israélien, à 2,5 kilomètres au nord de la bande de Gaza. Une copie de la vidéo diffusée par un journaliste israélien a été vue plus de 700 000 fois. Contactée par la rédaction des Observateurs de France 24, l’armée israélienne a répondu « ne pas avoir de commentaire à faire ».