Nos vies valent plus que leurs profits

NAO Amazon : colis piégé

Site de Metz Augny

Ce 24 mars, les réunions de NAO d’Amazon Logistics se sont conclues par un accord entre la direction et une majorité des syndicats, FO-CFECGC-UNSA-CAT-CFDT, seules la CGT et Solidaires n’ont pas signé. Le volet salarial fait état d’une augmentation – faramineuse ! – des salaires de 1,8 % et de l’intégration de 500 euros de plus annuellement dans le salaire pour remplacer la « prime de valeur » non renouvelée. Décidément, le rapace n’est pas prêteur, mais ce n’est pas là son seul défaut.

Un dernier volet tend en effet la carotte pour le présentéisme au moment des achats de Noël, la prime « Q4 ». Pour toucher 500 malheureux euros de bonus, il faudra être présent tous les jours, pendant tout le service, pendant cinq semaines consécutives, en pleine période de rush où les cadences sont encore plus infernales. Aucun jour de congé, ni de récupération, ni d’arrêt maladie, ni de grève. C’est bien la peine de baratiner sur la santé au travail et la lutte contre les discriminations dont Amazon serait le fer de lance, alors qu’on sait qu’une telle prime usera les corps et les esprits et pénalisera les travailleuses qui s’arrêteront en cas d’enfants malades à la maison. C’est une attaque aussi contre les travailleurs handicapés ou malades chroniques qui craqueront avant les autres.

Ils nous préparent dès maintenant, s’appuyant sur les temps de « challenge », c’est à dire une ou deux heures où les « leads » et les « managers » (variétés de petits chefs dans le jargon maison) se mettent à une station et travaillent, et ceux qui iront plus vite qu’eux gagnent des « swaggies », sorte de monnaie d’Amazon pour acheter des « goodies » siglés : les travailleurs sont mis en concurrence pour aller le plus vite possible, et ensuite la direction estime que nous pourrions garder ce rythme toute la semaine et toute l’année, et évidemment pour des cacahuètes.

À la station essence, les collègues voient les prix exploser, mais le salaire reste insuffisant. Pour nous, pas un seul salaire ne doit être en dessous de 2000 euros, et ce salaire, il faudra aller le chercher dans les caisses des actionnaires qui se partagent les dizaines de milliards de dollars de bénéfice accumulés sur le dos de notre travail.

Correspondante