Nos vies valent plus que leurs profits

NAO SNCF : ça ne ruisselle toujours pas !

La SNCF engrange des bénéfices records : 1,3 milliard d’euros en 2023, 1,55 milliard en 2024 et autour de 2 milliards attendus pour 2025. Il y aurait de quoi financer des augmentations générales de salaire de 400 euros pour tous et réaliser des milliers d’embauches.Mais à la sortie des négociations annuelles obligatoires (NAO) tenues le 13 janvier pour 2026, elle annonce 0,25 % d’augmentation au 1er juillet, puis de nouveau 0,25 % en octobre. Dérisoire. La direction avance qu’entre les primes de partage de la valeur et les primes d’intéressement, les cheminots toucheraient en moyenne 1 750 euros brut entre décembre 2025 et mai 2026. Le montant global de ces primes ne représente que 15 % des 2 milliards d’euros de bénéfices attendus, elles sont exonérées de cotisations sociales et ne comptent donc nullement pour la retraite et, surtout, la direction garde la capacité de les moduler d’une année sur l’autre, voire de fermer complètement le robinet.

L’usage par le patronat de primes exonérées de cotisations sociales s’est généralisé, y compris à la SNCF, pendant que les salaires n’augmentent pas au rythme de l’inflation. Si on compare les grilles de salaire cheminotes actuelles avec celles de 2011, en tenant compte de l’inflation, les salaires sont en moyenne 10 % plus bas qu’il y a quinze ans. Rogner sur la rémunération fixe, distribuer de temps en temps des petites enveloppes, accaparer la grande majorité des bénéfices : la SNCF est décidément une entreprise capitaliste comme les autres.

Franck Rouvier