Appelé à la barre de son procès en appel dans l’affaire d’un financement libyen de sa campagne présidentielle victorieuse de 2007, Nicolas Sarkozy s’est montré égal à lui-même en matière de mauvaise foi et de foutage de gueule. Il ne savait rien de tout cela, ses collaborateurs ont agi sans le tenir au courant, voire il est tombé « dans un piège ». Ce fut notamment le cas à la fin 2005 lorsqu’il laissa plusieurs de ses plus proches négocier un financement de sa campagne avec un haut dignitaire libyen, Abdallah Senoussi, alors même que ce dernier avait été condamné à perpétuité en France pour avoir commandité un attentat qui, en 1989, avait coûté la vie à 170 personnes au-dessus du Niger. L’argent n’a pas d’odeur, même pas celle du sang. Le seul moment de vérité de ces audiences fut lorsque des familles des victimes de cet attentat racontèrent à la barre comment leur protestation avait été « écrasée par la parole de ceux qui ont accès aux micros », dénonçant « le déni » et « le mensonge » des prévenus. Et conclure : « Le déluge médiatique autour de l’ancien chef de l’État nous a sidérés, nous nous sommes sentis très seuls. » Face aux soutiens de Sarkozy et leurs relais dans les médias, les proches des victimes n’avaient aucune chance d’être audibles.